L'arrivée de Vivendi jette le trouble sur l'avenir de Lagardère

 |   |  806  mots
Dans un entretien aux Echos, Arnaud Lagardère qualifie la montée au capital de Vincent Bolloré et de Vivendi de « soutien amical ».
Dans un entretien aux Echos, Arnaud Lagardère qualifie la montée au capital de Vincent Bolloré et de Vivendi de « soutien amical ». (Crédits : AFP)
Si Arnaud Lagardère a gagné son combat contre le fonds Amber Capital, qui critiquait sa gérance, de nombreuses incertitudes pèsent sur l’avenir du groupe. Les intentions de Vincent Bolloré, aujourd’hui deuxième actionnaire de Lagardère via Vivendi, alimentent toutes les spéculations.

Il a gagné. Certes. Mais à quel prix ? Le 5 mai dernier à l'assemblée générale de son groupe, Arnaud Lagardère a repoussé in extremis la fronde d'Amber Capital, son premier actionnaire avec 18% des parts. Le fonds britannique critiquait sa gérance. Il souhaitait mettre la main sur le conseil de surveillance de Lagardère, afin de pousser son chef de file à abandonner le régime particulier de la commandite, lequel lui permet de contrôler le groupe avec un peu plus de 7% du capital. Pour repousser les assauts d'Amber, Arnaud Lagardère a bénéficié du soutien de nouveaux actionnaires, et notamment celui de Vincent Bolloré. Au moment de l'AG, celui-ci totalisait 10,6% des parts, acquises via le géant des médias Vivendi.

Or Vincent Bolloré se contente rarement d'un strapontin de sage minoritaire. Sous sa coupe, Vivendi a notamment tenté de mettre la main sur le champion des jeux vidéo Ubisoft, avant d'en sortir. Il a aussi pris le contrôle de l'opérateur historique Telecom Italia, avant de perdre les rênes du conseil au profit du fonds activiste américain Elliott au terme d'un féroce bras de fer. Depuis l'AG de Lagardère, Vivendi, qui argue que sa montée au capital relève d'« un placement financier de long terme », s'est encore renforcé. Il possède désormais 13,6% du groupe, ce qui en fait rien de moins que son deuxième actionnaire.

« Je fais confiance à Vincent Bolloré »

Quelles sont, dès lors, les intentions de Vincent Bolloré et de Vivendi ? Dans un entretien aux Echos, ce mercredi, Arnaud Lagardère a apporté des réponses troublantes. A l'en croire, Vincent Bolloré serait arrivé « en soutien, sans [qu'il le lui] demande »« Il n'y a aucun accord, aucune contrepartie », affirme-t-il. Des propos qui laissent beaucoup d'observateurs pantois. « En général, lorsqu'on prend 13% d'un groupe sans en avertir son actionnaire de contrôle, c'est qu'il s'agit d'une opération hostile », sourit Thomas Coudry, analyste chez Bryan Garnier. A ses yeux, si l'initiative de Vincent Bolloré est vraiment amicale, il s'est sans doute entretenu, en amont, avec Arnaud Lagardère. Difficile de croire, selon lui, à un soutien sans contrepartie.

Reste qu'Arnaud Lagardère, lui, assure que Vivendi « n'envisageait pas de prendre le contrôle » de...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/05/2020 à 14:35 :
Le Breton en bon pirate a du sentir de l'or à gagner, ça va l'occuper un temps, avec la crise qui se profile celui qui a des thunes de dispo, faut bien s'en servir, tant que ça ne tombe pas sur des fonds vautours américains.
a écrit le 13/05/2020 à 19:10 :
LAGARDERE Fils, Tout le monde s'en fout :

IL EN RESTE :

-Europe1 5.4% d'audimat ( et Vandel à lui seul 9H-11H a fait fuir les auditeurs de 6h-13h

-Quelques hebdos et mensuels restant à vendre

-Relays H
Réponse de le 14/05/2020 à 9:53 :
Quand les guignols de l'info de l'époque avaient raison avec leur fameux "il est pas prêt" et pourtant Jean-Luc n'a pas hésité à tout lui donner.

Le père est plus responsable de la dilapidation de son empire que son fils.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :