Contrôle de Telecom Italia : Vivendi défait par Elliott

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La liste d'Elliott a récolté 49,84% des suffrages des actionnaires présents à l'AG, contre 47,18% pour celle de Vivendi.
La liste d'Elliott a récolté 49,84% des suffrages des actionnaires présents à l'AG, contre 47,18% pour celle de Vivendi. (Crédits : Stefano Rellandini)
Lors d’une assemblée générale très attendue, ce vendredi, le fonds américain « vautour » a décroché dix des quinze sièges au conseil d'administration de l’opérateur historique italien. Le géant français des médias, qui n'aura plus que cinq sièges, perd son contrôle sur le groupe.

C'est un sacré camouflet pour Vivendi. Ce vendredi, le groupe de médias de Vincent Bolloré a perdu son bras de fer avec Elliott. Lors d'une AG très attendue visant à renouveler le conseil d'administration de Telecom Italia, c'est bien la liste présentée par le fonds « vautour » américain qui l'a emporté. Celle-ci, où figuraient plusieurs personnalités indépendantes du monde italien des affaires, a récolté plus de votes que celle de Vivendi. Concrètement, la liste du fonds américain a récolté 49,84% des suffrages des actionnaires présents, contre 47,18% pour celle du poids lourd français des médias. Ce faisant, Elliott, qui possède environ 9% du capital de l'ex-monopole d'État italien, a réussi à faire élire tous les candidats administrateurs qu'il avait proposés. Avec dix sièges sur quinze, il chipe ainsi la main sur le conseil au nez et à la barbe de Vivendi. Avec cinq sièges, ce dernier perd de facto le contrôle qu'il exerçait jusqu'alors sur Telecom Italia.

Désormais, il reste à savoir si Amos Genish, l'administrateur délégué du groupe, va conserver ses fonctions. Ce proche de Vivendi, qui l'avait précédemment nommé à ce poste, avait récemment déclaré que sa situation à la tête de Telecom Italia deviendrait « intenable » si Elliott l'emportait, évoquant des divergences stratégiques. Cela constituait d'ailleurs un des principaux arguments de Vivendi pour inciter les actionnaires à voter pour sa liste. Mais Elliott avait allumé un contre-feu, assurant que le maintien d'Amos Genish à la direction générale était à ses yeux un impératif.

Vivendi veut « éviter le démantèlement »

Dans un communiqué publié dans la foulée de l'AG, Vivendi a ainsi pris bonne note de sa défaite. Mais dans cette missive, le premier actionnaire de Telecom Italia (avec près de 24% du capital) souligne qu'il gardera un œil attentif sur la manière dont Amos Genish pourra appliquer sa stratégie industrielle. Laquelle a reçu le soutien quasi unanime des actionnaires lors d'une AG ordinaire la semaine dernière.

« L'assemblée générale de Telecom Italia qui s'est tenue aujourd'hui a permis de nommer 5 candidats sur les 10 présentés par Vivendi au conseil d'administration de la société, constate le groupe français dans son communiqué. Vivendi veillera attentivement à ce qu'Amos Genish reçoive des administrateurs proposés par Elliott toutes les assurances et garanties que le plan industriel 2018-2020 puisse être mené à bien dans son intégralité et dans toute sa cohérence. Vivendi, qui est le premier actionnaire de Telecom Italia avec 23,94% des actions ordinaires, réaffirme son engagement à long terme à l'égard de cette société et prendra toutes les mesures pour en protéger la valeur et en éviter le démantèlement. »

Elliott affirme soutenir Genish

De son côté, selon Reuters, Elliott a encore une fois déclaré qu'il soutenait entièrement Amos Genish, ainsi que son plan stratégique. Mais le fonds américain a précisé qu'il avait plusieurs propositions à mettre en avant, précise l'agence économique. Elliott souhaite notamment examiner les alternatives pour le réseau Internet fixe de Telecom Italia après sa scission.

Or, c'est précisément sur ce point important qu'Amos Genish et Elliott n'étaient, jusqu'à présent, pas d'accord. « Elliott veut que nous abandonnions le contrôle sur NetCo (une filiale à 100% de Telecom Italia qui recevra le réseau, Ndlr) en cédant le réseau ou via une introduction en Bourse pour dégager de la valeur », avait déclaré le DG, en s'y montrant défavorable, dans une interview récente au Journal du Dimanche. Si un tel désaccord devait perdurer, il n'est pas dit qu'Amos Genish, un dirigeant très respecté dans les télécoms, reste longtemps aux commandes de l'opérateur transalpin... Il faudra attendre quelques jours pour en savoir plus, le temps que le nouveau conseil attribue les postes d'administrateur délégué et de président du conseil.

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Commentaires
a écrit le 07/05/2018 à 6:23 :
Le malheur de l'UE et en particulier de l'Italie c'est l'axe franco-allemand qui vise à prendre et à se partager le contrôle de l'économie de l'UE. (Les traités européens, qui favorisent surtout les grandes compagnies internationales franco-allemandes, ont étés pondus et imposés à l'UE par l'axe franco-allemand)
L'Italie n'a d'autres choix que de chercher l'intervention et le soutiens des États-Unis (Exemple FIAT-CHRISLER), puisque l'axe franco-allemand ne considère pas l'Italie comme un partenaire égal.
a écrit le 05/05/2018 à 21:14 :
Peut-être un bon coup pour Vincent BOLLORE: Il garde le DG tandis qu' ELLIOTT supportera la responsabilité de la gestion et les relations avec le gouvernement italien devraient s'améliorer.
a écrit le 05/05/2018 à 20:46 :
Vivendi d'un côté, un fond "vautour" de l'autre.... vu de France.
Vu d'Italie, Eliott semble être un moindre mal apparemment.
a écrit le 04/05/2018 à 16:50 :
Dégagé par un fond vautour américain en deux temps trois mouvements... bravo ! C'était bien vivendi qui avait prit jean marie messier comme pdg il y a plusieurs années non ?

Alors certes les actionnaires sont protégés de toutes les responsabilités liées à leurs innombrables propriétés mais qui protège ces sociétés des nombreuses irresponsabilités des actionnaires ?

Ben apriori, personne.

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