Le rapport Bronner évoque des pistes pour "assécher" la prolifération de la désinformation
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Internet a pris, et prendra de plus en plus, une place centrale dans nos vies, inimaginables il y a encore 30 ans, sinon dans les œuvres d'auteurs de science-fiction. L'une des conséquences est qu'il permet la prolifération instantanée à l'échelle mondiale de l'information, notamment gratuite, à tel point que l'on parle d'infobésité. Si une large partie des contenus est exacte et sourcée, celle qui relève de la désinformation a ses spécificités : infox, fake news, théories du complot, infos sensationnalistes (pour générer de l'audience), manipulations politiques organisées par des Etats...
C'est dans ce contexte que le sociologue Gérald Bronner, à la tête d'une commission d'expert pour analyser ce phénomène, a remis mardi au président Emmanuel Macron un rapport. Ce document comporte 30 recommandations pour limiter les conséquences de la "dérégulation du marché de l'information en ligne" qui met "à rude épreuve nos capacités de vigilance épistémique, ce qui nous rend davantage perméables aux fausses informations", indique-t-il.
C'est en effet un des intérêts du texte de se pencher sur la spécificité qu'internet induit sur la façon de capter notre attention. Faisant appel aux neurosciences et aux recherches scientifiques sur les biais, il montre que nous sommes extrêmement perméables aux informations qui confirment nos opinions, d'autant plus que les algorithmes qui sont à l'œuvre sur Internet. Ils tendent à nous enfermer dans des bulles qui renforcent nos choix tout en réduisant l'ouverture à des idées susceptibles de relativiser nos certitudes en saisissant mieux la complexité du monde.
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Le travail de la commission était d'autant plus délicat qu'il fallait veiller à ne pas remettre en cause la liberté d'opinion, un des fondements de la démocratie. La feuille de route donnée à Gérald Bronner par Emmanuel Macron - qui lui-même fut victime d'une tentative de manipulation en 2017 lors de sa campagne présidentielle - invoquait d'ailleurs la nécessité de protéger "notre système démocratique hérité des Lumières".
Autrement dit, il s'agissait de sauvegarder l'héritage de ce moment historique où l'ordre issu des croyances religieuses, des pouvoirs de droit divin et de leurs hiérarchies sociales est remis en cause par la raison, la science, l'humanisme et la démocratie, qui garantit la liberté d'opinion et de croyance.