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Ligue 1 : Mediapro balaye la possibilité d’une revente des droits

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Pierre Manière

Publié le 20 novembre 2018 à 12:32 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:17

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La direction du groupe espagnol, qui a cassé la tirelire au printemps dernier pour chiper les droits du championnat français de foot à Canal+, a écarté, dans le Figaro, « l’idée de sous-licencier une partie des droits ». Il estime avoir les moyens de les rentabiliser seul.

Il ne revendra pas. Dans un entretien au Figaro ce mardi, Jaume Roures, le patron du groupe espagnol Mediapro, a affirmé qu'il ne céderait pas une miette des droits de la Ligue 1 qu'il a acquis à prix d'or. « Nous écartons l'idée de sous-licencier une partie de nos droits », a-t-il lâché. Au printemps dernier, Mediapro n'a pas hésité à casser la tirelire pour rafler les droits du championnat de France de foot. Ce nouvel entrant s'est engagé à débourser pas moins de 780 millions d'euros par an pour diffuser cette compétition sur la période 2020-2024. Tandis que Canal+, qui a historiquement la main sur la L1, est rentré bredouille de l'appel d'offres.

>> Lire aussi : Droits de la L1 : plus de 1,1 milliard d'euros entre 2020 et 2024

Un sacré revers pour la chaîne cryptée, dont le foot constitue un élément important de différenciation vis-à-vis des autres acteurs de la télévision payante. Toutefois, dans la foulée de la perte de ces droits, Maxime Saada, le chef de file de Canal+, s'est montré très confiant dans sa capacité à en récupérer, plus tard, une partie. A ses yeux, Mediapro n'aura pas d'autre alternative que de négocier avec Canal+ s'il veut rentabiliser la somme faramineuse qu'il a investi. Dans un entretien à L'Equipe, début juin, Maxime Saada a détaillé sa position :

« Pour notre métier - la télévision payante -, il n'y a pas de logique économique au-delà d'un peu plus du contrat en cours (la chaîne cryptée paye aujourd'hui 540 millions par an, Ndlr), a-t-il indiqué. Ils (les dirigeants de Madiapro) ont dépensé 780 millions d'euros ; avec les coûts de lancement de la chaîne et ceux de production, cela fait 850 millions d'euros. Si on prend un prix d'abonnement à 15 euros par mois, qui est celui de BeIN, vous enlevez la TVA et les commissions versées aux distributeurs, cela vous rapporte 10,69 euros. Pour rentabiliser 850 millions d'euros, il vous faut sept millions d'abonnés. Là où en six ans, BeIN avec la L1, la Liga, la Serie A, les coupes d'Europe, la NBA, la Coupe du monde et l'Euro a réussi à en mobiliser 3,5 millions. »

Mediapro affirme pouvoir faire cavalier seul

Selon Maxime Saada, il aurait été suicidaire pour Canal+ de suivre Mediapro sur l'appel d'offres, au risque de surpayer les droits. Sa stratégie est donc de patienter, en attendant opportunément la fenêtre de tir qui lui permettra de récupérer une partie de la L1, à moindre coût. Pour le dirigeant, la probabilité d'un tel scénario est élevée.

A contrario, Jaume Roures, lui, s'estime tout à fait en mesure de faire fructifier son investissement sans son rival. « Si nous revendons une partie des droits à Canal+, par exemple, nous appauvririons l'offre de notre propre chaîne, et ce n'est pas le but », a-t-il affirmé au Figaro. Jusqu'à présent, il avait évoqué un prix à l'abonnement de 25 euros. Mais il estime que celui-ci pourrait baisser s'il conquiert suffisamment de fidèles. Selon lui, sa nouvelle chaîne sera à l'équilibre avec 3,5 millions d'abonnés, et rentable « avec 4 millions » de clients.

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  • Perte des droits de la Ligue 1 : l’avenir incertain de Canal+
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Reste que les propos de Jaume Roures sont à prendre avec des pincettes. S'il veut en réalité revendre une partie de ses droits, il a tout intérêt à clamer le contraire dans la presse. Et ce, afin d'en tirer le meilleur prix en incitant ses rivaux à lui proposer le plus d'argent possible. Le feuilleton des droits de la L1 est, sous ce prisme, probablement loin d'être terminé.

Pierre Manière

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