RGPD : le torchon brûle entre Google et les acteurs français de la pub

latribune.fr

Google revoit gmail pour mieux concurrencer microsoft
Dado Ruvic

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Dado Ruvic
Les premières conséquences de l'entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD) se font déjà sentir pour les acteurs de la publicité en ligne. Dans une lettre ouverte adressée à Google, les principales associations d'annonceurs et régies publicitaires lui reprochent d'avoir entraîné une "coupure massive des achats", conséquence de l'application par le géant américain du nouveau règlement européen.
Le RGPD, entré en vigueur le 25 mai, impose à toutes les entreprises d'obtenir le consentement de leurs utilisateurs en ce qui concerne la gestion et la transmission de leurs données. Or, de nombreux sites de médias français se sont retrouvés inaccessibles aux annonceurs à la suite de l'application des nouvelles règles par Google, qui estimait que ces médias n'offraient pas assez de garanties en termes de consentement.
Pendant quelques jours, les annonceurs ne pouvaient ainsi plus acheter d'espace sur des sites comme lefigaro.fr, et ces sites ne percevaient plus de revenus publicitaires via l'achat automatisé de publicité numérique. Les médias dont la régie publicitaire utilisent exclusivement les outils de Google, n'ont, eux, pas subi de coupures.
Les régies ne reprochent pas à Google d'avoir intégré le RGPD, qu'elles considèrent comme "une avancée marquante pour les consommateurs européens", mais "il y a eu un dommage collatéral, parce qu'ils (Google) n'ont pas été dans une démarche de concertation et ont coupé l'accès de manière unilatérale", affirme Sylvia Tassan Toffola, présidente du syndicat des régies internet (SRI) et vice-présidente de TF1 Publicité.
D'après le SRI, la majorité des médias concernés, notamment ceux disposant de moyens conséquents, ont pu résoudre le problème en quelques jours après des négociations individuelles pour être de nouveau connectés. Mais "l'objet de la lettre, c'est de mieux préparer le futur, de mieux anticiper l'avenir, et surtout de rappeler qu'on ne peut pas être pieds et poings liés ou 'pris en otage' par un acteur, quel qu'il soit", explique Sylvia Tassan Toffola.
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À court terme, les signataires demandent à Google "d'accélérer (son) calendrier pour rétablir au plus vite une véritable interopérabilité des outils et le fonctionnement pérenne du marché", et de "mettre en place un processus permanent de concertation". Ils ont prévu d'alerter l'Autorité de la concurrence sur "les conséquences d'une telle dépendance technologique".
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