Quand Elon Musk s'installe à la Maison Blanche, via Starlink
Ludovic Desautez

La Maison Blanche vue depuis le bâtiment Eisenhower, où l'accès Starlink a été installé.
ROBERTO SCHMIDT / AFP
Ludovic Desautez

La Maison Blanche vue depuis le bâtiment Eisenhower, où l'accès Starlink a été installé.
ROBERTO SCHMIDT / AFP
La scène se déroule en février dernier, sur le toit du bâtiment Eisenhower. Situé juste à côté de la Maison Blanche, ce bâtiment hautement sécurisé abrite notamment les bureaux du personnel de la présidence et du Conseil de sécurité nationale. En ouvrant une porte d'accès située au dernier étage, Chris Stanley, ingénieur spécialisé en sécurité chez SpaceX et X, va déclencher une alarme et provoquer un vent de panique au sein du Secret Service et des forces de police en charge de la protection de la Maison Blanche, rapporte le New York Times.
Chris Stanley assure qu'il avait l'autorisation du Secret Service pour se rendre sur le toit. Une autorisation qui, visiblement, n'a pas provoqué la mise en sommeil du système d'alarme le temps de son intervention. Un porte-parole de la Maison Blanche, peu disert sur la scène, assure de son côté « qu'il n'y a pas eu d'incident ».
Mais que venait donc faire Chris Stanley sur ce toit ? L'ingénieur préparait l'installation d'antennes Starlink, le service d'accès Internet par satellite d'Elon Musk. Car voilà, le site de la Maison Blanche souffrirait d'un double problème : une couverture des réseaux mobiles qui ne passe pas partout, et un réseau Wi-Fi à bout de souffle avec de multiples angles morts. Elon Musk a donc décidé « d'offrir » les services de Starlink pour améliorer la connectivité du site.
Un cadeau qui suscite, aux Etats-Unis, bon nombre de commentaires. A tel point que la porte-parole officielle de la présidence, Karoline Leavitt, s'est fendue d'une déclaration auprès de Wired, pour indiquer que « tout comme l'administration Biden l'a fait à plusieurs reprises par le passé, la Maison Blanche s'efforce simplement d'améliorer la connectivité Wi-Fi dans le complexe ».
Car derrière ce déploiement de Starlink dans le saint des saints du pouvoir américain, de nombreuses questions se posent. A commencer par le statut de « cadeau », un mélange des genres que beaucoup de juristes estiment problématique. DOGE, Tesla, SpaceX.... Le tandem Trump-Musk ne semble guère se soucier, il est vrai, de ses chevauchements.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

Plus inquiétante est la question de la sécurité posée par ce déploiement. Selon le New York Times, le Secret Service a initialement exprimé des craintes sur l'usage de Starlink au sein des administrations fédérales. D'autant que plusieurs experts estiment que la Maison Blanche, située dans une zone fortement lotie en réseaux fibre optique, dispose de multiples solutions pour améliorer la connectivité dans ses bâtiments.
À lire également
Finalement, c'est à la lecture de NBC News que l'on apprend que l'arrivée de Starlink à la Maison Blanche ne serait, finalement, que la partie visible de l'iceberg. La GSA (General Services Administration, l'Administration des services généraux), l'agence ombrelle en charge d'aider le fonctionnement des différentes agences fédérales, a d'ores et déjà donné son feu vert à l'utilisation de Starlink. Le service a été ajouté à la liste des applications approuvées au téléchargement sur les téléphones mobiles des agences fédérales. Deux autres applications ont d'ailleurs également rejoint cette liste de la GSA : X et Tesla.
Ludovic Desautez