Que cachent les 50 milliards que Softbank veut investir aux États-Unis ?

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Masayoshi Son et Donald Trump, ce mardi à New York.
Masayoshi Son et Donald Trump, ce mardi à New York. (Crédits : Reuters)
Après une rencontre avec Donald Trump, Masayoshi Son, le milliardaire et patron de l’opérateur nippon, a déclaré qu’il investirait massivement au pays de l’Oncle Sam. Une initiative qui pourrait en cacher une autre : la reprise des discussions pour un mariage entre l’opérateur Sprint, détenu par Softbank, et son homologue T-Mobile US.

L'initiative ne manque pas de sel. Alors que Donald Trump a beaucoup critiqué la tech américaine pendant la présidentielle, suscitant au passage la peur d'une grande partie du secteur, le prochain locataire de la Maison-Blanche a fait, ce mardi, ami-ami avec Masayoshi Son. Milliardaire à la tête de Softbank, un des cadors nippons des télécoms, ce dernier a rencontré Donald Trump à New York. Pourquoi ? D'abord, a-t-il dit selon l'AFP, pour « fêter son nouveau travail ».

« Je lui ai dit : 'c'est super, les États-Unis vont retrouver leur grandeur' », a fayoté l'ambitieux patron, en référence au slogan de campagne « Make America great again » (« Rendre l'Amérique à nouveau grande ») du nouveau président.

Mais le « Xavier Niel japonais » n'en est pas resté là. Il a annoncé que son groupe allait investir la bagatelle de 50 milliards de dollars (47 milliards d'euros) au pays de l'Oncle Sam, et y créer 50.000 emplois. Saluant l'initiative, Donald Trump s'en est d'emblée attribué tout le mérite. « Masa », comme il l'a familièrement présenté à la presse, « n'aurait jamais fait [cet investissement] si nous n'avions pas gagné l'élection », a-t-il jugé sur Twitter. L'occasion était trop belle pour celui qui s'est juré de booster l'économie domestique et de créer des emplois à la pelle aux États-Unis.

Bientôt une forte « déréglementation » ?

Seulement, cette annonce faramineuse est à tempérer. Cet investissement, qui vise principalement les jeunes pousses aux États-Unis selon Masayoshi Son, sera mené par le fonds technologique Softbank Vision Fund. Or celui-ci a été créé mi-octobre. Rien ne dit donc que les 50 milliards d'investissements annoncés mardi n'ont pas été prévus bien avant l'élection de Donald Trump. On imagine mal, en outre, un fonds spécialisé dans la high-tech snober la Silicon Valley... Doté d'une enveloppe qui pourra atteindre 100 milliards de dollars (93 milliards d'euros), Softbank Vision Fund a au passage vu le jour avec le soutien financier de l'Arabie Saoudite. Un pays qui, pourtant, a été très vivement critiqué par Donald Trump pendant sa campagne.

Si « Masa » a pris la peine de combler le prochain homme fort des États-Unis, c'est peut-être aussi, qui sait, pour profiter d'éventuelles largesses à venir. En dégainant sa promesse d'investissements, le patron de Sofbank a précisé qu'il s'attendait à une nette « déréglementation » avec la nouvelle administration, note l'agence Reuters. Des propos qui relancent les spéculations sur un retour des discussions pour un mariage entre Sprint, le troisième opérateur mobile des États-Unis - détenu par Softbank - et T-Mobile US, le numéro quatre du secteur, propriété de Deutsche Telekom. Il y a deux ans, Masayoshi Son avait renoncé à mettre la main sur son rival face aux réticences des autorités de régulation américaines. Mais peut-être compte-t-il sur Donald Trump pour avoir davantage le champ libre.

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Commentaires
a écrit le 08/12/2016 à 14:36 :
Ils en appellent tous à la dérégulation, alors que tout cela est déjà si peu réglementé !
2017, Trump Président, 2020 voire avant, catastrophe financière internationale.
a écrit le 08/12/2016 à 9:01 :
Voilà qui peut redonner de la confiance: une recentralisation de l'activité plutôt que l'actuelle dissolution des moyens a travers le monde!
Réponse de le 08/12/2016 à 13:34 :
Encore de l'enfumage ! Paroles, paroles, paroles... Tant que des actes concrets ne sont pas constatés, ces propos ne valent pas plus que les promesses des politiciens avant les "primaires" ou avant les élections. Après, ils sont rattrapés par les réalités et par leurs petits copains bien placés quis e rappellent à leur bon souvenir. 50.000 emplois potentiellement créés ? Et alors ? La quantité n'a jamais remplacé la qualité. ERt si c'est pour créer encore 50.000 sous-emplois pour des "travailleurs pauvres" qui crèvent la dalle, autant ne rien faire du tout. Ah mais si ! Faire travailler les gens plus longtemps pour moins d'argent (tiens, ça me rappelle un certains programme de primaire, ça !), à qui cela rapporte-t-il ? Certainement pas aux esclaves sous-payés et méprisés ! Maintenant, s'il y en a qui ont une mentalité d'esclave corvéable à merci, qu'ils ne se gênent surtout pas pour soutenir le "libéralisme" d'un autre âge. Les maîtres ont encore beaucoup d'avenir devant eux. Pour les serfs, leur avenir est déjà derrière eux. Ils n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes !

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