Qui est Salwa Toko, la nouvelle présidente du Conseil national du numérique ?

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La nouvelle présidente du Conseil national du numérique, Salwa Toko.
La nouvelle présidente du Conseil national du numérique, Salwa Toko. (Crédits : DR)
La fondatrice de l'association Becomtech et ancienne de la Fondation Agir contre l'exclusion (FACE), Salwa Toko, a été nommée ce matin à la tête du Conseil national du numérique (CNNum), à l'agonie depuis six mois. Portrait.

[Article publié le 17/05 et mis à jour le 29/05 à 16h34]

Certains le pensaient mort et enterré depuis "l'affaire Rokhaya Diallo" de décembre dernier, qui avait poussé la toute nouvelle présidente, Marie Ekeland, à démissionner avec pertes et fracas. Mais après six mois d'agonie et d'hésitations quant à sa survie, le Conseil national du numérique renaît de ses cendres. Les 30 nouveaux membres ont été nommé ce matin. Salwa Toko, la fondatrice et présidente de l'association Becomtech, continuation du programme Wifilles, prend la tête de l'institution.

Lire aussi : Crise au Conseil national du numérique : la présidente Marie Ekeland démissionne

Militante contre la fracture numérique et pour l'égalité femmes/hommes

Âgée de 42 ans, Salwa Toko a des origines marocaines et béninoises, a grandi au Mali jusqu'au collège avant de finir sa scolarité en France. Elle s'est fait connaître pour son engagement en faveur de l'inclusion des femmes dans le milieu très masculin de la tech. En 2014, elle fonde Wifilles, un programme piloté par la Fondation Agir contre l'exclusion (FACE) de Seine-Saint-Denis, où Salwa Toko est alors salariée. Au rythme d'une promotion par an, la structure a permis à plus d'une centaine de collégiennes et de lycéennes de Seine-Saint-Denis de bénéficier d'une formation gratuite aux outils numériques.

L'objectif : agir dès le collège, donc avant qu'il ne soit trop tard, pour sensibiliser les filles au code, afin de lever les freins, y compris psychologiques, qui aboutissent à la sous-représentation bien documentée des femmes dans les écoles d'ingénieurs, dans les métiers techniques du numérique et à la tête des startups. Wifilles a été distinguée dès 2015 par le label La France s'engage, de l'ancien président de la République François Hollande, et soutenue par la fondation Orange et l'entreprise Dell.

En avril 2018, Salwa Toko s'émancipe de Wifilles, qui continue sa route sans elle, pour lancer Becomtech. Également sous statut associatif, cette EdTech vise à accélérer l'action de Wifilles et à l'étendre aussi à terme aux étudiantes post-bac. La structure propose des sessions de formations gratuites de cinq semaines aux outils numériques. La première est en cours actuellement à Lyon. Deux nouvelles sessions, baptisées "Jump in Tech Digital Summer", se tiendront cet été dans les Yvelines et en Seine-et-Marne, et s'adressent aux jeunes filles de 14 à 17 ans.

Financée par des acteurs privés (dont la fondation Total et la Maïf) ainsi que par des subventions publiques, Becomtech compte s'étendre à Lille, Nantes et Marseille d'ici à un an et proposer six à huit sessions par an. Becomtech va aussi ouvrir des ateliers de sensibilisation au recrutement des femmes dans les entreprises.

Un CNNum plus diversifié et entièrement renouvelé... à l'exception du grand retour de Gilles Babinet

Salwa Toko s'apprêterait donc reprendre le champ de mines qu'est devenu le CNNum, dont l'indépendance de façade vis-à-vis du gouvernement a été révélée au grand jour avec le scandale Rokhaya Diallo, mais qui a toujours su publier des avis très critiques, voire carrément incendiaires, vis-à-vis de la politique gouvernementale, comme par exemple sur la question du chiffrement et de la lutte antiterroriste.

Lire aussi : Lutte antiterroriste: le CNNum dénonce la « spirale sécuritaire infernale » de la France

La probable nouvelle présidente, qui devra remettre le CNNum sur les rails, incarne un profil parfaitement compatible avec le gouvernement et surtout avec Mounir Mahjoubi, le secrétaire d'État au Numérique. En charge du grand chantier de la numérisation de l'État et VRP de la French Tech, l'ancien startuppeur promeut une vision inclusive et sociale de l'innovation, et tient à valoriser la diversité dans l'entrepreneuriat. Il va d'ailleurs annoncer dans les prochains jours la nomination officielle de Kat Borlongan, française d'origine philippine, à la tête de la Mission French Tech.

Lire aussi : Qui est Kat Borlongan, la (probable) nouvelle patronne de la Mission French Tech ?

D'après nos informations, le nouveau CNNum, en cours de validation, sera entièrement renouvelé... à l'exception de Gilles Babinet, qui en sera le vice-président. L'actuel "digital champion", représentant de la France auprès de la Commission européenne, a été le premier président du CNNum, créé par Nicolas Sarkozy en 2011. Le nouveau collège devrait se composer de membres de la société civile, d'entrepreneurs et de personnalités du monde scientifique et académique, respecter la parité et mettre l'accent sur la diversité. Aucun membre du CNNum de Marie Ekeland ne serait reconduit.

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a écrit le 29/05/2018 à 17:03 :
Ancienne "d'Agir contre l'exclusion", ce sont les puces informatiques qui vont être contentes de bénéficier d'une compétence pareille ! Et à part cela quoi d'utile ?
a écrit le 17/05/2018 à 17:53 :
A quoi sert le CNNnum ? Sait-on aperçu de son agonie depuis six mois ?
Cordialement
a écrit le 17/05/2018 à 17:20 :
bonjour, Quand viendra le grand jour où les joursnalistes arrêterons de mettre en relief l'origine des citoyens français. arrêtons une fois pour toute de faire des différnces et la France ira beaucoup mieux.
Réponse de le 17/05/2018 à 20:17 :
PArce que précisément ces personnes sont choisis en fonction de leurs origines :
- la précédente n'a aucun fait d'armes dans le numérique mais dans la polémique et la recension permanente du passé colonial de la France
- la nouvelle est moins polémique mais n'a elle aussi aucune fait d'armes dans le domaine

Ce gouvernement a-t-il réellement compris que le numérique était une affaire sérieuse ? Que si la France ne bouge pas un peu elle sera sous tutelle numérique ?

C'est de pire en pire ...
Réponse de le 29/05/2018 à 18:01 :
Peut être, mais on peut se permettre d'avoir des doutes sur les compétences de cette dame par rapport aux objectifs de la mission. Faut pas mélanger profil politique avec mission technique..
a écrit le 17/05/2018 à 17:05 :
"agir dès le collège, donc avant qu'il ne soit trop tard, pour sensibiliser les filles au code,"

Je ne suis pas une fille, j'adore l'informatique le connaissant pas trop mal ainsi que le numérique et pourtant l'encodage me fait partir en courant, qui c'est qui a des idées reçues là ?
Réponse de le 17/05/2018 à 20:20 :
C'est quoi docteur, l'informatique et le numérique pour vous?
Réponse de le 18/05/2018 à 10:13 :
"C'est quoi docteur,"

Hein ? Vous pourriez vous exprimer sans expulser vos ressentiments svp ? Merci.
Réponse de le 18/05/2018 à 10:14 :
"C'est quoi docteur,"

Hein ? Vous pourriez vous exprimer sans expulser vos ressentiments svp ? Merci.
Réponse de le 18/05/2018 à 10:15 :
"C'est quoi docteur,"

Hein ? Vous pourriez vous exprimer sans expulser vos ressentiments svp ? Merci.
Réponse de le 30/05/2018 à 9:55 :
Faut consulter, et d'urgence.
Réponse de le 30/05/2018 à 10:19 :
@multipseudos

"Faut consulter, et d'urgence. "

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