Crise au Conseil national du numérique : la présidente Marie Ekeland démissionne

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Après une semaine de crise, Marie Ekeland claque la porte. La nouvelle présidente du Conseil national du numérique (CNNum), a refusé de revoir sa copie et de remplacer au moins une de ses 29 nominations, la militante féministe Rokhaya Diallo, dans le collège de l'organe consultatif, suite à la polémique de la semaine dernière.
Dans un texte posté sur le site du Conseil national du numérique, l'entrepreneure et investisseuse explique ne pas être parvenue à trouver un terrain d'entente avec le gouvernement.
Tout avait pourtant si bien commencé. Lors de l'annonce de la composition du nouveau collège, le secrétaire d'Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, s'était glorifié de l'indépendance totale de l'organe consultatif, y compris pour la nomination de ses membres. L'objectif était de mettre fin aux critiques qui ont régulièrement pollué le CNNum sur l'indépendance de ses avis, en grande partie motivées par le fait qu'il est écrit dans ses statuts que ses membres sont nommés par le Premier ministre.
Mais l'opération de communication s'est retournée contre le ministre. En réalité, les 29 noms proposés par Marie Ekeland avaient bien été soumis à un circuit de validation au gouvernement, comme nous l'expliquions. Mais celui-ci est ensuite revenu sur sa position suite à la polémique concernant les déclarations controversées de la nouvelle membre Rokhaya Diallo sur le "racisme d'Etat", et sur certains propos, dans ses chansons, du rappeur et entrepreneur Axiom. La polémique a été alimentée par la députée LR Valérie Boyer, mais de nombreuses personnes se sont plaintes auprès du gouvernement et de Marie Ekeland, à commencer par certains acteurs de l'écosystème du numérique et par certains membres du nouveau collège eux-mêmes.
Le 13 décembre, Mounir Mahjoubi avait donc demandé à Marie Ekeland de revoir sa copie. Six jours plus tard, Marie Ekeland lui adresse une fin de non-recevoir, préférant se ranger du côté de Rokhaya Diallo:
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La cofondatrice du fonds d'investissement Daphni indique également avoir été "choquée par les caricatures auxquels Rokhaya Diallo et Axiom ont été réduits" car "elles n'ont rien à voir avec ce qu'ils sont vraiment". "La nomination de certains membres, alors que la liste avait été préparée par mes soins, a été interprétée à tort par certains comme une prise de position politique du gouvernement", précise Marie Ekeland. Qui en tire deux enseignements:
Contacté par La Tribune, le secrétariat d'Etat au Numérique indique qu'un nouveau président, chargé de composer un nouveau collège, sera nommé "le plus tôt possible", c'est-à-dire en janvier. Il devra comporter davantage de membres issus des quartiers populaires et de la ruralité et sera composé uniquement d'experts.
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Le chantier s'annonce complexe, tant l'affaire Diallo a mis en lumière le paradoxe entre l'indépendance dont a souvent fait preuve le CNNum dans ses rapports, et ses liens avec le gouvernement quant à sa composition. Une position délicate, que le gouvernement semble ne pas vouloir toucher. Dans une réaction publiée par Le Figaro, Mounir Mahjoubi a déclaré : "Le CNNum doit être proche du gouvernement pour nous orienter. Ce n'est pas une force d'opposition, même si conseiller peut signifier dire quand ça ne va pas", a-t-il expliqué. Un "équilibre subtil" qu'il a jugé "cassé" par le collège composé par Marie Ekeland... qu'il avait pourtant validé.