Spotify, enfin prêt pour la Bourse ?

Spotify depose une demande confidentielle d'ipo aux etats-unis
Christian Hartmann
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Spotify depose une demande confidentielle d'ipo aux etats-unis
Christian Hartmann
L'arrivée de Spotify à Wall Street se confirme. Après des mois de rumeurs, le numéro un mondial du streaming musical a déposé une demande confidentielle d'introduction en Bourse auprès du gendarme boursier américain (SEC) fin décembre, a révélé mercredi le site d'informations Axios. La plateforme suédoise viserait une cotation au premier semestre 2018, entre mars et avril, complète le Wall Street Journal. Particularité : Spotify serait intéressé par une cotation directe, une procédure atypique.
En effet, cette forme d'introduction en Bourse inhabituelle ne prévoit pas d'émission de nouvelles actions : elle permettra uniquement aux actionnaires actuels de revendre leurs titres. Réputée comme plus simple, la cotation directe permet aussi à l'entreprise nouvellement cotée d'économiser certains coûts, comme des commissions. L'opération devrait être particulièrement scrutée par d'autres entreprises. Si l'introduction se déroule bien, des startups comme Airbnb pourraient suivre et opter pour une cotation directe, selon des sources proches du dossier interrogées par le Wall Street Journal.
Le groupe suédois a revendiqué ce jeudi 70 millions d'abonnés - soit un bond de 10 millions par rapport à juin dernier. Le nombre d'utilisateurs non abonnés, ayant accès à la musique, mais avec des publicités, reste inchangé depuis l'été dernier (140 millions). Fondé en 2006, Spotify continue de creuser l'écart avec son principal concurrent, Apple Music, arrivé sur le tard en 2015. La firme à la pomme revendiquait en septembre dernier seulement 30 millions d'abonnés.
Il reste cependant une ombre au tableau : le modèle économique de Spotify, qui ne parvient toujours pas à être rentable depuis sa création. La plateforme a connu une explosion de ses pertes nettes en 2016, à 539 millions d'euros... pour un chiffre d'affaires de 2,93 milliards d'euros (+52% par rapport à 2015), selon les chiffres publiés en juin par la holding luxembourgeoise Spotify Technologies. La valorisation de Spotify est actuellement estimée à 19 milliards de dollars, contre 8,5 milliards en 2015 lors de sa dernière levée de fonds.
| Lire aussi : Streaming musical : Spotify, une croissance en trompe-l'œil
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Son plus gros poste de dépenses reste le paiement de droits d'auteurs pour l'utilisation des 30 millions de chansons proposées dans son catalogue. D'après le Financial Times, les royalties et les frais de distribution ont augmenté de 85% en 2015 pour s'établir à 1,63 milliard de dollars. Pour tenter de les diminuer, Spotify a conclu l'année des accords avec les géants Universal Music et Sony. Mais cela ne suffit pas. L'éditeur américain Wixen Music, qui détient les droits entre autres de Neil Young et The Doors, a déposé plainte mercredi contre Spotify. Il lui réclame 1,6 milliard de dollars, lui reprochant de ne pas avoir réglé les droits de plus de 10.000 morceaux. En mai dernier, le géant suédois a pourtant consenti à la création d'un fonds de 43,45 milliards de dollars pour une meilleure rémunération des artistes - mettant ainsi fin à une procédure collective lancée en 2015, potentiellement très coûteuse pour la plateforme.
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