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En Italie, la décision récente du gouvernement français de nationaliser les chantiers navals STX France au détriment de l'italien Fincantieri ne passe pas. Et dans ce contexte, Rome ne souhaite visiblement pas laisser Vivendi ravir un groupe aussi stratégique que Telecom Italia, l'opérateur historique, comme si de rien n'était. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement italien multiplie initiatives pour que Vivendi, première actionnaire de Telecom Italia (avec près de 24% du capital), reconnaisse qu'il contrôle son « Orange » national.
Il faut dire qu'en mai dernier, le géant français des médias a décroché dix sièges sur quinze au conseil d'administration, avant d'obtenir, le mois suivant, la nomination d'Arnaud de Puyfontaine en tant que président exécutif. Malgré cela, suite à une enquête du gendarme italien des marchés financiers et d'une procédure engagée par Rome, Vivendi a déclaré, dans un communiqué publié début août, « qu'il considère n'exercer aucun contrôle de fait sur Telecom Italia ». Le groupe de médias l'assure :
Des mots qui n'ont guère convaincu l'exécutif italien, qui multiplie les réunions pour faire le point sur l'influence de Vivendi. Vendredi dernier, selon Reuters, le gouvernement s'est une nouvelle fois réuni à ce sujet, notamment pour déterminer s'il était en mesure d'exercer ses pouvoirs extraordinaires sur l'opérateur télécoms. Outre la possibilité de coller une grosse amende à Vivendi si une prise de contrôle devait être prouvée, Rome vérifie s'il peut user du « golden power », une loi qui lui permet, au nom de la préservation des secteurs stratégiques, de mettre son veto à certaines opérations, cessions d'actifs ou encore prise de contrôle d'une entreprise.
Au sein de l'exécutif italien, certains s'inquiètent notamment d'une possible cession de Telecom Sparkle. Cette filiale de Telecom Italia est considérée comme un actif particulièrement stratégique, notamment parce qu'elle gère un réseau de câbles sous-marins reliant l'Italie à différents pays européens, à la Méditerranée et aux Amériques.
De son côté, si Vivendi ne veut pas être considéré comme une entité contrôlant Telecom Italia, c'est notamment parce qu'il craint de devoir consolider dans ses comptes les 25 milliards de dettes de l'opérateur. Ce qui constitue un risque financier majeur pour le groupe contrôlé par Vincent Bolloré.
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