Bras de fer en Italie pour le contrôle de Telecom Italia

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Elliott a jugé que la décision de Vivendi était « cynique et intéressée ». Dans un communiqué, le fonds activiste a estimé que les membres du conseil « ont tout simplement abandonné leur poste pour gagner du temps ».
Elliott a jugé que la décision de Vivendi était « cynique et intéressée ». Dans un communiqué, le fonds activiste a estimé que les membres du conseil « ont tout simplement abandonné leur poste pour gagner du temps ». (Crédits : Stefano Rellandini)
Dans le collimateur du fonds activiste américain Elliott, qui conteste sa gestion, Vivendi, le premier actionnaire de l’opérateur historique, a choisi de provoquer une réélection du conseil d’administration.

Décidément, les affaires n'ont rien d'un long fleuve tranquille chez Vivendi. Alors que le groupe de Vincent Bolloré vient de jeter l'éponge dans le dossier Ubisoft, le champion français du jeu vidéo, dont il songeait à prendre le contrôle par la force, le voilà en pleine lutte de pouvoir en Italie.

Premier actionnaire de Telecom Italia (à hauteur de 24%), l'opérateur historique transalpin, il a raffermi son contrôle sur le groupe de télécoms au printemps dernier, en obtenant les deux tiers des sièges du conseil d'administration. Déjà en conflit avec les autorités italiennes qui souhaitent, dans une certaine mesure, garder la main sur l'avenir de ce groupe jugé stratégique, Vivendi est confronté, de l'intérieur, à une autre fronde : celle du très influent fonds activiste américain Elliott, qui s'est récemment invité au capital de l'opérateur. Ce dernier, qui a affirmé la semaine dernière disposer de plus de 5% de Telecom Italia, avait critiqué la « mauvaise gestion du conseil contrôlé par Vivendi ». Laquelle se serait traduite, selon Elliott, par « de profonds problèmes de gouvernance, une baisse de la valorisation et des échecs stratégiques ».

Face à cette fronde, Vivendi a répondu de manière fracassante. Dans la soirée du jeudi 22 soir, celui-ci a choisi l'option de démissions en masse du conseil d'administration du groupe transalpin. Ainsi, huit des quinze membres du conseil ont rendu leur tablier. Parmi eux, on compte trois représentants de Vivendi - dont le président Arnaud de Puyfontaine - ainsi que cinq indépendants élus sur proposition du groupe français. Ce qui a pour effet de provoquer un renouvellement total du conseil, qui sera désigné par les actionnaires lors d'une assemblée générale, le 4 mai prochain.

Une décision « cynique et intéressée »

« En tant que président de Tim, et dans l'intérêt de tous les actionnaires, je veux affranchir le conseil du climat d'incertitude qui s'est créé », a expliqué à la presse Arnaud de Puyfontaine, alors qu'Elliott réclamait son départ et celui de cinq autres administrateurs.

Ce faisant, lors de l'AG du 4 mai prochain, « les actionnaires pourront choisir rapidement un conseil renouvelé, a ajouté l'ex-président.

« Chaque actionnaire aura l'opportunité de choisir entre un plan industriel capable de créer de la valeur sur le long terme et un programme d'ingénierie financière à court terme. »

De son côté, Elliott a jugé que la décision de Vivendi était « cynique et intéressée ». Dans un communiqué, le fonds activiste a estimé que les membres du conseil « ont tout simplement abandonné leur poste pour gagner du temps ».

Dans une note, les analystes de Jefferies soulignent que les initiatives de Vivendi montrent que le groupe français prend très au sérieux la menace d'Elliott sur sa gouvernance de Telecom Italia. « Nous pensons qu'Elliott (et ses partisans) restent bien placés pour s'assurer que le conseil d'administration de Telecom Italia après le 4 mai ne sera pas contrôlé par Vivendi », estiment-ils. La bataille pour le contrôle de Telecom Italia, dont le cours était stable ce vendredi 23 mars en milieu d'après-midi, ne fait que commencer.

(avec AFP et Reuters)

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