Vivendi et Deutsche Telekom règlent enfin leurs comptes sur l'opérateur polonais

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Deutsche Telekom récupère 100% du troisième opérateur mobile polonais PTC mais consent en échange à verser 1,25 milliard d'euros à Vivendi, réglant ainsi un conflit long de onze ans. Cette somme devrait permettre au groupe français de racheter les participations minoritaires de ses filiales SFR et Canal Plus.

Vivendi et Deutsche Telekom semblent avoir enfin trouvé la voie du compromis. Leur différend au sujet de l'opérateur polonais PTC pourrait en effet se débloquer après onze ans de bataille.

Dans un communiqué, les deux groupes annoncent un accord. Au terme de cet accord, conditionné à la réalisation de plusieurs étapes juridiques en Pologne, Vivendi recevra environ 1,25 milliard d'euros des mains de Deutsche Telekom. En échange, le groupe francais renoncera à tous ses droits sur les actions PTC tandis que l'allemand se verra reconnaître la propriété de 100% de l'opérateur mobile. "Cet accord vise à éteindre l'ensemble des litiges liés à la détention du capital de PTC", a souligné Vivendi dans son communiqué.

S'il perd sa présence en Pologne, Vivendi n'a pas tout perdu car l'argent récolté pourrait lui permettre de financer des projets d'acquisition. Il vise notamment le rachat des 44% de particpation que détient le britannique Vodafone dans SFR, ce qui lui permettrait de s'assurer le contrôle total de cetet filiale. Il pourrait également mettre à profit ces fonds pour racheter à Lagardère sa participation minoritaire dans Canal Plus France. Ce dernier prévoit pour l'instant de céder ses parts par le biais d'une introduction en Bourse prévue au printemps prochain, faute d'avoir trouvé un accord avec Vivendi sur la cession de ses 20%.

Quant à Deutsche Telekom, sa présence sur le marché polonais lui permet d'asseoir son développement en Europe de l'Est. La prise de contrôle totale de PTC lui aura coûté 2,1 milliards d'euros au total, coût du règlement dû à Vivendi inclus.

Mais en 1999, les deux groupes misaient sur PTC pour s'implanter sur un marché polonais prometteur. Sauf que de numéro un PTC est depuis tombé de deux rangs, sur fond de conflit avec ses actionnaires. Vivendi a tout de même déboursé 1,8 milliard d'euros à l'époque pour s'associer avec la holding polonaise Elektrim, en vue de créer une coentreprise détenant 51% de PTC. Mais Deutsche Telekom, qui possédait alors environ 22% de PTC, s'est opposé à l'arrivée de Vivendi en faisant valoir qu'elle enfreignait le pacte d'actionnaires qu'il avait conclu avec Elektrim.

S'en sont suivies plus de cinquante recours et procédures arbitrales dans cinq pays, ponctuée d'épisodes de négociations entre Vivendi et Deutsche Telekom qui ont échoué in extremis à deux reprises, en 2004 et 2006.

En 2005, une décision de justice favorable à Deutsche Telekom a expulsé les dirigeants de Vivendi Deutsche Telekom du siège de PTC à Varsovie et permis à l'allemand de diriger "de facto" l'opérateur mobile.Depuis, Vivendi a totalement effacé la valeur de son investissement dans PTC de ses comptes tout en continuant à vouloir faire reconnaître sa participation devant les tribunaux.

A la Bourse de Paris, l'action Vivendi s'octroie plus de 1% à 20,73 euros dans un marché parisien en repli.

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