Suicides chez France Télécom : l'enquête est close, pas l'affaire

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Les parties, à qui la fin de l'enquête a été notifiée le 30 décembre, peuvent désormais faire des demandes d'actes complémentaires, susceptibles de retarder la tenue d'un éventuel procès.
Les parties, à qui la fin de l'enquête a été notifiée le 30 décembre, peuvent désormais faire des demandes d'actes complémentaires, susceptibles de retarder la tenue d'un éventuel procès. (Crédits : AFP)
35 salariés se sont suicidés en 2008 et 2009. Les syndicats dénoncent un harcèlement moral institutionnalisé après le passage de la part de l'État sous les 50% dans le capital du groupe en 2004, mais la justice doit encore se prononcer sur la question.

Une étape supplémentaire vers un éventuel procès. L'enquête sur la vague de suicides à France Télécom (devenu Orange), qui vaut à son ex-patron Didier Lombard et à l'entreprise d'être mis en examen pour harcèlement moral, est terminée, ont confié mardi 6 janvier des sources judiciaires et proches du dossier à l'AFP.

Selon les syndicats et la direction, 35 suicides de salariés de l'entreprise se sont produits en 2008 et 2009. Les syndicats et les plaignants y voient les conséquences d'un "système" mis en place pour pousser les salariés au départ, alors que le marché s'ouvrait à la concurrence. Après le passage de l'État sous les 50% dans le capital du groupe en 2004, France Télécoms avait en effet supprimé 22.000 postes entre 2006 et 2008 et procédé à 10.000 changements de métiers durant cette même période.

Faire reconnaître le harcèlement moral institutionnalisé

Cette enquête est suivie de près par les syndicats et spécialistes du droit du travail: elle est susceptible d'ouvrir la voie à la reconnaissance par la justice d'un harcèlement moral institutionnalisé, contrairement aux cas ordinaires où le lien est direct entre l'auteur du harcèlement et sa victime.

Outre Didier Lombard, d'autres anciens dirigeants ont été mis en examen en juillet 2012 pour harcèlement moral: l'ex-numéro 2, Louis-Pierre Wenes, et l'ex-directeur des ressources humaines, Olivier Barberot. Quatre cadres ont également été mis en examen pour complicité de harcèlement moral courant décembre.

>> Aller plus loin Suicides à France Telecom : ce que n'a pas compris Didier Lombard

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Commentaires
a écrit le 06/01/2015 à 22:26 :
Gerald Bronner, dans "la démocratie des crédules" démonte totalement le mythe de la "vague de suicides" dans cette entreprise. Désolé, c'est impossible à entendre pour beaucoup qui veulent absolument y croire pour des raisons de conviction personnelle, mais il n'y a juste pas eu de vague de suicides dans cette entreprise quelques soient ses méthodes de management, justes ou injustes. Evidemment, ça n'arrange pas tout le monde de relayer cette vérité statistique...
a écrit le 06/01/2015 à 18:52 :
l'enquête porte sur trente neuf personnes, mais il faut voir les pressions exercées sur tout le personnel à cette époque ,il y à eu des audits internes notamment à limoges sur ses méthodes de management ,bien avant les suicides;sans parler des discours de monsieur Lombard et du mépris qu'il montrait à l'égard du personnel
a écrit le 06/01/2015 à 18:23 :
sauf que ces l'etat comme pour la police
il n'y a rien avoir
la medecine du travail ne dit rien
a oui ils sont payer par l'etat
a écrit le 06/01/2015 à 16:03 :
Orange: 162 000 employés, et santé.gouv.fr annonce un taux de suicides en France de 16.2/100 000. La question n'est pas globale..
Réponse de le 06/01/2015 à 16:48 :
Quelle question ? Dans ce cas précis on parle de 35 suicides directement liés au travail et à une pression mise en place volontairement par la hiérarchie. Votre taux de 16.2/100 000 englobe tout les motifs de suicide, de la peine de coeur au drame famillale.
Réponse de le 06/01/2015 à 18:57 :
En général quelqu'un qui se suicide n'est pas bien dans sa tête et sa vie professionnelle comme familiale ne vont plus bien et se dégrade l'une influencent l'autre...
Réponse de le 07/01/2015 à 9:38 :
Je parle bien du motif premier du suicide.
Réponse de le 07/01/2015 à 11:30 :
Il y a un événement déclencheur, mais identifier une "première cause" de suicide n'est guère possible : c'est l'état général psychologique de l'individu qui est concerné sur tous les plans, personnels ET professionnels. Les médias se sont jetés "avec intérêts" sur cette pseudo-affaire : vendre de l'espace, voilà une première raison de médiatiser, et non pas informer sereinement et de façon impartiale !

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