Avec Totem, Orange veut doper ses revenus dans les infrastructures de réseau mobile

Grâce à son parc de plus de 26.000 sites mobiles en France et en Espagne, Totem, filiale à 100% d'Orange, veut tirer profit des besoins des opérateurs pour densifier leurs réseaux, en particulier avec le déploiement de la 5G.
Pierre Manière

3 mn

Une antenne mobile d'Orange située sur une terrasse du XVIème arrondissement de Paris, désormais propriété de Totem.
Une antenne mobile d'Orange située sur une terrasse du XVIème arrondissement de Paris, désormais propriété de Totem. (Crédits : Pierre Manière)

C'est le jour J pour Totem. Cette filiale à 100% d'Orange est désormais opérationnelle, a indiqué Nicolas Roy, son directeur général, ce mardi. La structure a récupéré l'intégralité des infrastructures mobiles possédées par Orange en France et en Espagne. C'est-à-dire 26.000 sites, dont 18.500 dans l'Hexagone. Totem souhaite valoriser ce patrimoine en hébergeant, outre les antennes d'Orange, celles d'autres opérateurs, pour améliorer sa rentabilité et doper ses revenus. Totem va, concrètement, louer ses emplacements - qu'il possède soit en propre, soit via des baux commerciaux de long terme - à ses rivaux comme SFR, Bouygues Telecom et Free dans l'Hexagone. « Aujourd'hui, environ 30% de nos sites accueillent déjà un second opérateur, précise Nicolas Roy. L'objectif est d'atteindre les 50% à horizon cinq ans. »

En France comme dans tous les pays développés, les opérateurs ont besoin de densifier leurs réseaux mobiles. C'est vrai pour la 4G, qui arrive à saturation dans certains endroits, notamment dans les centres urbains. Cela l'est encore plus avec la nouvelle 5G, en raison de la portée plus faible des fréquences utilisées. Totem, qui affiche un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros pour un résultat d'exploitation de 300 millions, veut saisir ces opportunités. Totem a également vocation à grandir. D'une part en construisant de nouveaux sites mobiles, mais aussi en récupérant un jour ceux d'Orange « en Pologne, en Roumanie ou en Slovaquie », précise Nicolas Roy.

Une structure indépendante

Cette structure, qui compte 200 personnes, a la particularité d'être autonome et indépendante de l'opérateur historique. Elle dispose, d'ailleurs, de son propre siège à La défense. Outre la croissance organique, Totem espère également, profiter de l'appétences des investisseurs pour les infrastructures mobiles, et jouer un rôle de premier plan dans la consolidation du secteur. Comment ? Par exemple en accueillant, à terme, des fonds, particulièrement friands de type d'actifs, à son capital. Une introduction en Bourse n'est pas, non plus, à exclure. Nicolas Roy ne cache pas ses ambitions. « Les opérations de M&A ne sont pas taboues », prévient-il. Une ligne rouge, toutefois : Orange a toujours indiqué qu'il souhaitait garder le contrôle de Totem, afin de garder ses précieuses infrastructures dans son giron. Hors de question, en clair, de perdre la main sur plus la moitié du capital.

L'opération Totem pose tout de même quelques questions. L'état-major d'Orange n'a cessé de clamer, ces dernières années, que ses précieux sites mobiles lui permettaient de se différencier, sur le front de la qualité de service, par rapport à la concurrence. Avec Totem, n'importe quel opérateur pourra désormais y accéder. Interrogé à ce sujet, Nicolas Roy affirme que la différenciation n'est pas qu'une affaire de géographie des sites mobiles, mais qu'elle dépend aussi des équipementiers télécoms ou du portefeuille de fréquences. C'est vrai. Il n'empêche qu'Orange risque tout de même de perdre un atout de choix.

Doper le cours de Bourse d'Orange

Avec Totem, Orange espère, également, donner à terme un coup de fouet à son cours de Bourse. Celui-ci végète désormais sous les 10 euros, contre plus de 15 euros il y a deux ans. Les investisseurs sont particulièrement méfiants à l'égard des opérateurs télécoms, et voient d'un mauvais œil leurs gros investissements dans la 4G, la 5G et la fibre, tandis que les prix des abonnements demeurent bas, en raison d'une forte concurrence. Le sujet préoccupe Stéphane Richard, le PDG d'Orange, un brin agacé de constater que Cellnex, le nouveau géant espagnol des tours télécoms, affiche une capitalisation boursière de plus de 36 milliards d'euros, soit 11 milliards de plus que celle d'Orange.

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