Bouygues Telecom/SFR : contact « sans suite » en vue d’une fusion

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Martin Bouygues a sondé Patrick Drahi sur la possibilité de racheter SFR. Mais ce dernier ne souhaite visiblement, pour l'heure du moins, vendre l'opérateur au carré rouge.
Martin Bouygues a sondé Patrick Drahi sur la possibilité de racheter SFR. Mais ce dernier ne souhaite visiblement, pour l'heure du moins, vendre l'opérateur au carré rouge. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Le groupe Bouygues, propriétaire de l'opérateur Bouygues Telecom, a reconnu ce jeudi 14 juin avoir été en contact avec le groupe Altice, maison mère de SFR, en vue d'un éventuel rapprochement, "sans aucune suite" cependant.

Le feuilleton sans fin de la consolidation des télécoms françaises a repris de plus belle. Le groupe Bouygues, propriétaire de l'opérateur Bouygues Telecom, a reconnu ce jeudi 14 juin avoir été en contact avec le groupe Altice, maison mère de SFR, en vue d'un éventuel rapprochement, "sans aucune suite" cependant. Le groupe réagissait à une information publiée le 13 juin dans le Canard Enchaîné faisant état d'une rencontre entre Martin Bouygues et Patrick Drahi, propriétaire d'Altice, avec des positions encore assez éloignées entre les deux hommes.

"Nous avons déjà indiqué que nous avions étudié les diverses évolutions possibles du marché des télécoms", rappelle-t-on chez Bouygues.

Les rumeurs de retour à trois opérateurs ont repris de l'épaisseur depuis le début d'année, dans la foulée d'une réorganisation d'Altice, marquée par la séparation des activités européennes et américaines du groupe, annoncée en fin d'année dernière après une chute de près de 50% du cours de Bourse consécutive à la publication de résultats jugés décevants.

SFR va mieux

Fin mai, le président de l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep), Sébastien Soriano, avait lui-même estimé que "la porte de l'Arcep s'entrouvre" en cas de consolidation, pour peu qu'il y ait "un projet créateur de valeur pour le pays, pas simplement pour les actionnaires". Selon le Canard Enchaîné, Patrick Drahi n'aurait accepté de céder SFR qu'en cas de valorisation à 24 milliards d'euros de sa filiale et s'il obtenait la moitié du capital du nouvel ensemble, des conditions rejetées par Martin Bouygues.

Le deuxième opérateur national n'est plus dans la même situation qu'il y a six mois : le nombre de ses abonnés fixes comme mobiles est remonté au premier trimestre, une première depuis le rachat de SFR par Patrick Drahi en 2014, et son chiffre d'affaires se stabilise. Du côté de Bouygues, qui avait déjà tenté de racheter SFR en 2014, la filiale télécoms a été la cible de tentatives successives de rachats de la part d'Altice puis Orange, cette dernière en 2016 ayant été proche d'aboutir. Depuis, la situation de Bouygues Telecom s'est largement redressée sur le plan financier, avec un chiffre d'affaires en progression de près de 6% sur le premier trimestre de l'exercice en cours, et une progression de la base d'abonnés tant fixe que mobile.

Lire aussi : Télécoms : la possibilité d'une consolidation fait son grand retour

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 15/06/2018 à 17:51 :
Je n'y crois pas du tout. Les 3 Gekko des télécoms, Niel, Drahi et Bouygues, sont dans la nasse ultralibérale de Macron.
Et orange a raison de rester en dehors de cette guerre des Gekko.
Il faut qu'ils s'entretuent entre eux et qu'Orange compte les morts.
Et ce n'est pas un hasard si aucun grand opérateur mondial n'a voulu rentrer sur le marché français.
FT était intouchable. Trop fort. Trop intégré. Et c'est en Allemagne, aux USA, à l’UK, en Italie et en Espagne que les grands opérateurs comme Orange se sont affrontés.
En France nous avons face à Orange 3 Gekko purement financiers, qui n'ont pas les moyens technologiques et industriels d'investir massivement sur la Fibre par exemple, et les fusionner même à 3 pour ne former qu'un seul "avatar opérateur" ne fera de l'ensemble qu'un Gekko plus gros, qui ne résonnera qu'à court terme d'un point de vue financier.
Aucun grand opérateur mondial (Telecom ou GAFAM) ne voudra racheter ces 3 avatars qui resteront toujours vus comme des avatars financiers de court terme sans valeur industriel.
Pour un grand opérateur mondial seul Orange n'a de valeur en France et dans le monde: les 3 autres sont des avatars sans valeur, de la fausse monnaie (N'oublions pas que le réseau SFR mobile a été construit par FT sur ordre du GVT PS de l'époque.....
a écrit le 14/06/2018 à 18:31 :
Les opérateurs cherchent à revenir à trois, ce qui leur permettraient de s'entendre sur les tarifs comme par le passé et même s'ils sont condamnés par les autorités de la concurrence, les amendes sont très loin de les inquiéter au regard des marges constituées.

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