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Le président de l'Arcep, le régulateur des télécoms, a fait une sortie remarquée. Ce mardi, lors d'une conférence de presse, Sébastien Soriano a indiqué qu'il n'était désormais plus contre une consolidation du secteur. Pourquoi ? Parce qu'aux yeux du régulateur, les projets de fusions, nombreux à avoir capoté ces dernières années, étaient de nature à plomber les investissements dans les infrastructures, qu'il s'agisse de la fibre pour l'Internet fixe ou de la 4G pour le mobile. Mais pour Sébastien Soriano, les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ont finalement joué le jeu (il en veut pour preuve la forte augmentation de leurs investissements l'an dernier, qui se sont élevés à 9,6 milliards d'euros), et son « message de fermeture totale » concernant une fusion ne peut selon lui « plus être pertinent ».
Cette sortie intervient alors qu'en France, les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free continuent d'évoluer dans un marché mature, ultra-concurrentiel et difficile, caractérisé depuis des années par une guerre des prix ou des promotions. Il est ainsi rare que tous les acteurs se portent bien, les difficultés des uns faisant généralement le bonheur des autres. Les gains et les pertes d'abonnés, qui se répercutent d'emblée sur le chiffre d'affaires, fonctionnent en clair sur un principe de vases communicants, avec ses gagnants et ses perdants. Les derniers résultats trimestriels des opérateurs en témoignent. Alors qu'Orange, SFR et Bouygues Telecom ont publié de bons chiffres commerciaux, Free, qui a pour la première fois perdu des abonnés dans l'Internet fixe (sa « vache à lait » historique), a en revanche beaucoup déçu les investisseurs et les analystes.
Cette situation bancale, Sébastien Soriano en est bien conscient. Et il n'est pas le seul. Sans se dire explicitement favorable à une consolidation du secteur, Antoine Darodes, le patron de l'agence du numérique, a déclaré mi-avril, avec diplomatie, que le marché français n'était « pas aujourd'hui stabilisé ». Pour lui, le jeu actuel à quatre acteurs, qui continuent de se bagarrer à coups de dégriffes, ne permet pas d'atteindre un équilibre économiquement viable pour tous :
Or le problème, selon lui, c'est que si cette situation perdure, le risque est grand de voir le marché de détail s'essouffler. Ce qui à terme, pourrait miner la situation financière des opérateurs, et, par voie de conséquence, leur capacité à investir. Un scénario qui, à n'en point douter, préoccupe aussi Sébastien Soriano, qui a fait de l'investissement du secteur dans les réseaux de demain (la fibre, la 4G et la future 5G) sa première priorité.
Même après les échecs des dernières tentatives de rapprochements de SFR puis d'Orange avec Bouygues Telecom, les opérateurs n'ont jamais cessé d'étudier, de manière officieuse, la possibilité d'une consolidation. Aujourd'hui, le deal qui fait le plus sens auprès des observateurs serait un rachat de SFR par Bouygues Telecom. Pourquoi ? Parce qu'il permettrait, dans l'hypothèse d'un retour à trois acteurs, de conserver un 'maverick', Free, pour animer la concurrence. En outre, cela empêcherait un renforcement trop important d'Orange, l'opérateur historique, déjà leader du marché français. Avec ces deux garanties, l'Autorité de la concurrence pourrait donner plus facilement son feu vert à une consolidation.
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Plusieurs éléments laissent par ailleurs penser que Bouygues Telecom et SFR pourraient se marier. Le mois dernier, Bloomberg a indiqué que le groupe Bouygues, maison-mère de Bouygues Telecom, discutait avec des fonds d'investissements - dont l'américain CVC Capital Partner - dans le but de faire une offre pour racheter Altice France, dont le principal actif est SFR. Si Bouygues a réagi par le biais d'un communiqué, celui-ci n'a en rien démenti l'information de l'agence américaine. Patrick Drahi, de son côté, serait-il vendeur de son bébé SFR ? Cette perspective n'est pas à écarter. La nouvelle organisation d'Altice sur le Vieux Continent, visant à séparer les médias et les droits sportifs des activités télécoms de SFR, semble faciliter, quoi qu'il en soit, une éventuelle vente de l'opérateur au carré rouge.
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