Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free redoutent que les réseaux Internet fixe et mobiles soient interrompus si les gestionnaires du réseau électrique devaient procéder à des « délestages ». Les opérateurs n'ont, à ce jour, aucune garantie de pouvoir préserver leurs infrastructures.C'est un des sujets majeurs de préoccupation des télécoms françaises. Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free craignent de voir leurs réseaux essuyer des « black-out » si des coupures volontaires, localisées et ponctuelles, devaient survenir cet hiver en cas de pénurie d'électricité. Cela fait des semaines que les opérateurs cherchent la solution pour éviter, ou minimiser, les conséquences de ces « délestages », comme on les appelle. Les effets pourraient être dévastateurs. Sans réseaux mobiles, il serait impossible, par exemple, d'utiliser son smartphone pour joindre les services d'urgence.
Chez les opérateurs, personne n'a oublié les conséquences dramatiques de la panne massive survenue il y a un peu plus d'un an chez Orange. Celle-ci a provoqué la mort de plusieurs personnes qui n'ont pas pu prévenir les secours. Pour protéger les réseaux des délestages, la Fédération française des télécoms (FFT), le lobby du secteur, multiplie depuis des semaines les réunions avec les pouvoirs publics, mais aussi avec RTE, en charge du transport d'électricité, et Enedis, qui en chapeaute la distribution. Mais les réponses qui ont été apportées s'avèrent très insuffisantes.
« Les signes ne sont pas tellement positifs »
Les opérateurs mènent plusieurs combats. Depuis la fin du mois de juillet, le secteur milite pour modifier un arrêté du 5 juillet 1990. Celui-ci permet à certains clients prioritaires d'être exemptés de délestages. Cet arrêté protège les hôpitaux, les feux tricolores, ou encore les industries et installations militaires les plus sensibles du pays. Les opérateurs veulent inclure leurs réseaux dans cette liste. Mais sur ce front, « les signes ne sont pas tellement positifs », indique à La Tribune, un expert proche du dossier. Les opérateurs ont été priés de s'adresser aux préfets, qui ont le pouvoir d'exclure leurs installations des délestages. Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ont tous effectué des demandes en ce sens. Mais d'après notre expert, les retours ont été, jusqu'à présent, assez « disparates ».