Le régulateur des télécoms n’a, à ce jour, toujours pas indiqué si les opérateurs ont joué le jeu concernant leurs obligations de couverture des zones blanches mobiles. La Fédération française des télécoms (FFT), elle, affirme que les Orange, SFR ou Bouygues Telecom sont en retard, mais que celui-ci découle seulement de la crise du Covid-19.Difficile, aujourd'hui, d'y voir clair. Dans le cadre d'un accord, baptisé « New Deal », signé en janvier 2018 entre l'Etat et les opérateurs, ces derniers se sont engagés à en finir avec les zones blanches, ces territoires où le mobile ne passe toujours pas. A l'initiative des collectivités, l'Etat sélectionne régulièrement, via des arrêtés, des centaines de villages et sites à couvrir. Les opérateurs ont ensuite deux ans, au maximum, pour y installer des pylônes de téléphonie et les mettre en service. Un premier arrêté, qui prévoyait la construction de 485 pylônes, a été publié le 4 juillet 2018. Alors que la période de deux ans pour bâtir ces infrastructures s'est achevée, l'Arcep, qui doit vérifier si les opérateurs ont bien respecté leurs obligations, ne s'est toujours pas prononcé à ce sujet.
Interrogé par La Tribune, le régulateur du secteur se refuse à tout commentaire. La Fédération française des télécoms (FFT), elle, fait état d'un retard des opérateurs. Dans un communiqué publié lundi, le lobby du secteur souligne qu'Orange, SFR ou Bouygues Telecom « ont déployé 340 nouveaux pylônes sur les 449 prévus au 27 juin, date du premier point d'étape de l'accord ». D'après Michel Combot, le DG de la FFT, seuls 449 pylônes sont aujourd'hui concernés, car 36 « vont être prochainement retirés de la liste, car les zones sont soit déjà couvertes, soit [le projet a été abandonné] à la demande des maires ». Un arrêté serait, à ce sujet, en cours de publication. Mais il manque, tout de même, 109 pylônes au compteur.
« Un décalage en raison de la crise sanitaire »
Ce retard, la FFT le justifie par la crise du Covid-19, qui a entravé les déploiements des opérateurs. Elle « évalue », en outre, que tous les pylônes seront construits et opérationnels à la fin du mois de septembre. « Les trois mois de décalages [sont] dus au retard pris en raison de la crise sanitaire », souligne le lobby. Dans ce contexte difficile, la FFT salue le travail « des opérateurs et leurs techniciens » qui « ont continué, dans la mesure du possible, à déployer notamment pendant le confinement ».