Fibre dans les campagnes : Vitis poursuit son offensive

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Vitis est aujourd'hui présent dans 40 départements.
Vitis est aujourd'hui présent dans 40 départements. (Crédits : DANIEL MUNOZ)
L’opérateur télécoms, qui commercialise des offres Internet à très haut débit dans les territoires ruraux et peu denses, affirme disposer d’environ 28.000 clients fibre avec une présence dans 40 départements.

Article publié à 15h38 et modifié à 17h45.

L'arrivée de la « bande des quatre » ne lui fait pas peur. Alors que les grands opérateurs nationaux (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free) consacrent de plus en plus de moyens pour gagner des clients fibre dans les campagnes, Mathias Hautefort reste confiant. Le chef de file de Vitis, un opérateur télécoms alternatif de fibre présent dans les zones peu peuplées, assure qu'il continue à ferrer des clients. Lors d'une conférence de presse, ce mardi, il a pour la première fois levé le voile sur son nombre de fidèles. Ses clients à son offre de fibre triple play (comprenant Internet, la télévision et la téléphonie fixe), et commercialisée sous la marque Videofutur pour 39,90 euros par mois, se situeraient aux alentours de 28.000 (1). D'après Mathias Hautefort, Vitis est aujourd'hui présent dans 40 départements, ce qui représente environ 1,1 million de prises éligibles, contre 500.000 il y a un peu plus d'un an.

L'opérateur, soutenu financièrement par Netgem, la Caisse des Dépôts et le groupe Océinde (qui ont investi 14 millions d'euros dans le projet), a vu son chiffre d'affaires doubler fin 2018, à 10 millions d'euros. Il espère atteindre les 30 millions d'euros en 2021. Pour y arriver, Vitis compte sur l'accélération des déploiements de la fibre dans les campagnes. Dans les zones les moins denses de l'Hexagone, qui représentent un peu moins de la moitié de la population, les collectivités construisent aujourd'hui leurs réseaux Internet fixe à très haut débit avec l'aide financière de l'État. Pour ce faire, elles font appel aux services d'opérateurs d'infrastructures (comme Orange ou SFR, mais aussi de plus petits acteurs comme Axione ou Covage). Ceux-ci vendent l'accès à leurs réseaux aux opérateurs de détail, comme Vitis.

Vitis table sur ses contenus pour se différencier

Ces dernières années, Vitis a signé avec plusieurs opérateurs d'infrastructures. Parmi eux, il y a Altitude, Axione, Covage, TDF, mais surtout SFR Collectivités, qui appartient à l'opérateur au carré rouge. Toutefois, il n'a toujours rien signé avec Orange, le leader français des télécoms, se désole Mathias Hautefort. Et pour cause, Orange est un poids lourd de la fibre dans les zones peu denses. L'opérateur historique affirme disposer d'une part de marché de 30% des réseaux en déploiement. Beaucoup estiment qu'Orange n'est pas du tout pressé d'accueillir des concurrents sur ses infrastructures dans les campagnes. Celles-ci sont éminemment stratégiques pour le numéro un français des télécoms, qui veut convertir ses très nombreux abonnés ADSL à sa propre fibre.

Pour tirer son épingle du jeu, Vitis mise gros sur les contenus. Outre son gros portefeuille de films en VOD, l'opérateur a signé plusieurs partenariats pour offrir à ses clients les services de replay de TF1, de France Télévisions, de M6, d'Arte ou de L'Équipe. Après avoir annoncé un accord de distribution avec Lagardère (Mezzo, CanalJ et TiJi), le groupe de Mathias Hautefort va proposer les chaînes de Mediawan (RTL9, AB1 ou Automoto) au mois de septembre. Enfin, pour séduire les plus jeunes, l'opérateur vient de dégainer une nouvelle offre « 100% digitale », sans box TV, à 32,90 euros par mois.

1. Après publication, Mathias Hautefort a contacté La Tribune pour préciser qu'en fait, Vitis avait environ 28.000 abonnés fibre, et non 26.000 comme indiqué auparavant.

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