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Technos & MediasTélécoms

Fibre : la loi anti-malfaçons sème la zizanie dans les télécoms

Photo de Pierre Manière

Pierre Manière

Publié le 05 mai 2023 à 07:48 - Mis à jour le 05 mai 2023 à 08:01

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Jean-Noël Barrot

Jean-Noêl Barrot, le ministre délégué en charge du Numérique et des Télécoms, est opposé à l'essentiel de la proposition de loi.

Reuters

Le Quotidien Numérique

20 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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La proposition de loi votée mardi au Sénat pour en finir avec les dysfonctionnements sur les réseaux de fibre a accouché d’une situation explosive. Les piques se multiplient entre les opérateurs, le gouvernement, les parlementaires et différentes fédérations professionnelles.

Un panier de crabes. Voici à quoi ressemble le petit monde des télécoms depuis l'adoption, mardi dernier au Sénat, d'une proposition de loi visant à en finir avec les malfaçons, les raccordements ratés et autres débranchements sauvages d'abonnés sur les réseaux de fibre. Le texte a semé la zizanie entre tous les acteurs du secteur, qui se tirent désormais joyeusement dans les pattes. À son initiative, Patrick Chaize, le sénateur (LR) de l'Ain, s'en est lui-même donné à cœur joie jeudi matin, lors d'une conférence de presse au Parlement. Il a taclé coup sur coup les opérateurs et le gouvernement, accusés de faire l'autruche face aux dysfonctionnements sur les réseaux fibre, et de les minimiser. « C'est à croire qu'ils n'en ont pas pris conscience ! », a déploré le parlementaire.

  • Lire aussi :Le Sénat adopte une proposition de loi contre les malfaçons sur les réseaux de fibre

Surtout, il a accusé l'exécutif comme les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free de véhiculer « un mensonge » en arguant que sa proposition de loi allait entraver la fin du grand chantier du déploiement de la fibre. Aux yeux des opérateurs et de Jean-Noël Barrot, le ministre délégué en charge des Télécoms, le texte menace le mécanisme du raccordement des clients, appelé « mode STOC » (1). Ils arguent qu'avec cette nouvelle loi, cette tâche ne serait plus la chasse gardée des opérateurs commerciaux, mais relèverait du choix des opérateurs d'infrastructures, lesquels déploient la fibre dans tout le pays.

« C'est complètement dément »

À lire également

  • Déploiement de la fibre: la filière alerte encore sur la rémunération des sous-traitants
  • Le Sénat adopte une proposition de loi contre les malfaçons sur les réseaux de fibre
  • Déploiement de la fibre : l’Arcep gagne son bras de fer avec Orange

« Faux », rétorque Patrick Chaize, qui se demande si le gouvernement et les opérateurs « ont bien lu son texte ». À l'entendre, sa loi ne vise qu'à « accompagner » le mode STOC, sans le supprimer. « C'est seulement si les règles de l'art ne sont pas respectées lors du raccordement d'un client que l'opérateur d'infrastructures reprendra la main », se défend-il. Son argumentaire est cependant balayé avec force par Bercy et les opérateurs. « Le texte, en l'état du droit, remet en cause le mode STOC, s'agace-t-on au ministère. Il dit clairement que c'est l'opérateur d'infrastructures qui décide s'il veut laisser le raccordement final à l'opérateur commercial. »

Pierre Manière

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