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Huawei clame qu’il n’y a « aucune preuve » d’espionnage pour la Chine

Photo de Pierre Manière

Pierre Manière

Publié le 18 décembre 2018 à 17:04 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:10

La directrice financiere de huawei remise en liberte sous caution

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Confronté à une vague de rejets de ses équipements en Occident, le géant chinois des télécoms a réaffirmé, ce mardi 18 décembre, qu’il n’avait aucun lien avec les services de renseignement chinois.

La manœuvre fait office de contre-feu. Huawei a organisé ce mardi 18 décembre une conférence de presse à Shenzhen, au siège de son groupe. But de la manœuvre : clamer que ses équipements télécoms sont dignes de confiance, et que le groupe n'a pas de liens avec les services de renseignement chinois. « Il n'y a aucune preuve que Huawei menace la sécurité nationale de quelque pays que ce soit », a martelé Ken Hu, le président du numéro un mondial des équipements télécoms, selon l'AFP. Selon lui, Pékin n'a jamais demandé au groupe d'accéder à certaines données.

Pour prouver sa bonne foi, Huawei a décidé, ce même jour, d'ouvrir ses labos de recherche aux journalistes. « Interdire une entreprise en particulier ne peut résoudre les problèmes de cybersécurité », a jugé Ken Hu. Avec cette manœuvre, le président de l'équipementier espère convaincre, au-delà des frontières de la Chine, que l'entreprise est bien indépendante, et non sous l'emprise de Pékin.

Des rejets en pagaille

Aujourd'hui Huawei est confronté à une crise des plus sérieuses. Dans le collimateur des États-Unis qui ont interdit ses équipements, le groupe s'est fait, ces dernières semaines, rejeté de nombreux marchés. Dans le sillage du pays de l'Oncle Sam, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et la France ont décidé soit de bannir ses équipements télécoms, soit de les limiter à certains segments. À chaque fois, l'argumentaire est le même : Huawei présenterait un risque pour la sécurité nationale, et est soupçonné d'utiliser ses produits à des fins d'espionnage pour le compte de Pékin.

Ce lundi, la République tchèque a, à son tour, tiré la sonnette d'alarme. L'agence nationale de cyber-sécurité a mis en garde contre l'utilisation des logiciels et du matériel de Huawei et de ZTE, son rival en Chine, affirmant dans un rapport qu'ils constituaient une menace pour la sécurité nationale.

« Le principal problème, c'est le contexte juridique et politique de la République populaire de Chine où les sociétés susmentionnées opèrent en premier lieu, a souligné l'agence dans un communiqué. Notamment, les lois chinoises imposent aux sociétés privées ayant leur siège en Chine de coopérer avec les services de renseignement. Par conséquent, les introduire dans des systèmes clés d'un État pourrait constituer une menace. »

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La filiale tchèque de Huawei a fustigé ce rapport, estimant que celui-ci ne reposait sur aucun fait concret. Dans ce contexte électrique, Huawei a récemment vu sa numéro deux et fille du fondateur du groupe arrêtée au Canada, à la demande des États-Unis - avant d'être libérée sous caution. Ce qui a de nouveau tendu les relations entre Washington et Pékin, en pleine guerre commerciale.

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