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La Chine menace le Canada et exige la libération de la dirigeante de Huawei

Photo de Fabrice Gliszczynski

latribune.fr

Publié le 08 décembre 2018 à 15:47 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:12

La directrice financiere de huawei devant un tribunal de vancouver

La directrice financiere de huawei devant un tribunal de vancouver

Stringer .

Le Quotidien Numérique

17 juillet 2026

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Pékin a réclamé samedi la libération immédiate de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei détenue depuis le 1er décembre par le Canada à la demande des Etats-Unis.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a réclamé samedi la libération immédiate de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei détenue depuis le 1er décembre par le Canada à la demande des Etats-Unis qui l'accusent d'avoir caché les liens de l'équipementier télécoms chinois avec une firme qui essayait de contourner les sanctions américaines contre l'Iran. Un refus de la libérer entraînera de "graves conséquences", a prévenu Pékin. Révélée ce mercredi, l'arrestation a ébranlé les marchés boursiers mondiaux qui craignent une escalade dans la guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine.

"Une initiative qui a ignoré la loi"

Le Yucheng, vice-ministre chinois des Affaires étrangères, estime que l'arrestation de la dirigeante de Huawei à Vancouver constitue une grave violation de ses droits. Cette initiative canadienne "a ignoré la loi, était déraisonnable et extrêmement pénible", ajoute-t-il.

"La Chine exhorte vivement la partie canadienne à libérer immédiatement cette personne détenue et à veiller à protéger ses droits légaux et légitimes, à défaut le Canada devra assumer la pleine responsabilité des graves conséquences causées".

Peine pouvant aller jusqu'à 30 ans de prison

Arrêtée le 1er décembre alors qu'elle était en transit entre deux vols à l'aéroport de Vancouver, Meng Wanzhou, 46 ans, fille du fondateur de Huawei, risque d'être extradée vers les Etats-Unis. Vendredi, elle comparaissait pour une première audience de remise en liberté sous caution devant un tribunal de Vancouver (la décision sera connue ce lundi). Elle est passible de poursuites pour conspiration en vue de frauder de multiples institutions financières, avec une peine pouvant aller jusqu'à 30 ans de prison pour chacun des chefs d'accusation qui la vise.

Durant l'audience, le procureur a déclaré que le dossier découlait d'informations de Reuters, rapportées en janvier 2013, selon lesquelles l'entreprise Skycom, qui avait tenté de vendre du matériel informatique Hewlett-Packard sous embargo au numéro un iranien de la téléphonie mobile, avait des liens étroits avec Huawei. D'après les accusations lues vendredi devant le tribunal, Huawei aurait utilisé, entre 2009 et 2014, la société de Hong Kong, Skycom Tech, pour faire des affaires en Iran, malgré un embargo imposé par les États-Unis et l'Union européenne.

Meng a menti lorsque des banques l'ont interrogée sur les liens entre les deux compagnies, a ajouté le procureur. Utilisant des prénoms anglais Cathy et Sabrina, Meng a siégé au conseil d'administration de Skycom entre février 2008 et avril 2009, d'après les registres de Skycom. Plusieurs autres administrateurs actuels et passés de Skycom semblent avoir des liens avec Huawei.

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Les États-Unis cherchent à savoir depuis au moins 2016 si Huawei a violé les sanctions américaines contre l'Iran, a rapportait Reuters en avril dernier. Les agences de renseignement américaines affirment également que Huawei est liée au gouvernement chinois et que ses équipements qu'elle vend pourraient contenir des "portes dérobées" utilisées par les services secrets du régime communiste pour avoir accès aux systèmes vendus.

Aucune preuve n'a été apportée

Selon des documents de justice transmis vendredi, un tribunal de New York a délivré le 22 août dernier un mandat d'arrêt contre Meng. Les autorités américaines ont appris le 29 novembre qu'elle ferait escale deux jours plus tard à Vancouver.

Les États-Unis ont 60 jours pour présenter une demande d'extradition formelle. La décision finale d'extradition appartient ministre de la Justice du Canada. Ni le Canada ni les Etats-Unis n'ont fourni la moindre preuve à la Chine que Meng Wanzhou a enfreint la loi dans ces deux pays, a déclaré vendredi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

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