Huawei renforce son empreinte dans la recherche en France
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Le nouveau centre réunira 30 chercheurs de très haut niveau.
MICHELE TANTUSSI
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Le nouveau centre réunira 30 chercheurs de très haut niveau.
MICHELE TANTUSSI
Huawei a voulu marquer les esprits. Ce vendredi, le géant chinois des télécoms a inauguré un nouveau centre de recherche dans l'Hexagone. Baptisé « Centre de recherche Lagrange », celui-ci est niché au cœur du 7ème arrondissement de Paris, au 103 rue de Grenelle, dans un splendide hôtel particulier. L'endroit n'a rien d'anodin : il s'agit d'un véritable « sanctuaire de l'histoire des télécoms » françaises, comme le rappelle le site de l'architecte Philippe Chiambaretta, qui a travaillé, par le passé, à sa restructuration. « Le noyau historique du bâtiment a été conçu entre 1838 et 1841 pour le ministère de l'Intérieur et les services télégraphiques nationaux, précise-t-il. Il est dominé par la tour Chappe, du nom de l'inventeur du télégraphe optique qui la coiffait. » Par la suite, lit-on sur le site, ces murs ont même accueilli « le premier ministère des Postes et Communications, l'ORTF, et des bureaux de France Télécom jusqu'au début des années 2000 ».
Les locaux flambants neufs de 730m2 occupés par Huawei seront dédiés à la recherche fondamentale en mathématiques et en calculs. D'après Mérouane Debbah, le directeur de la R&D de Huawei France qui chapeautera le nouveau centre, celui-ci réunira 30 chercheurs de très haut niveau. Le groupe chinois souhaite profiter du vivier d'excellence des mathématiciens français pour « repousser les limites fondamentales de la recherche en soutenant les innovations de rupture scientifique et technologique, argue Mérouane Debbah. Une démarche nécessaire si l'on veut enregistrer des progrès significatifs, notamment dans le domaine de l'intelligence artificielle. » Selon lui, ces travaux bénéficieront à tout l'écosystème de la recherche.
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D'ici deux ans, le centre Lagrange, dont Huawei ne souhaite pas divulguer le coût, sera transformé en fondation indépendante dirigée par un conseil scientifique. Huawei a déjà trouvé son président, qui n'est autre que Pierre-Louis Lions, professeur au Collège de France et médaille Fields 1994. Le groupe chinois continuera, promet-il, d'assurer le financement de la fondation. Cette manœuvre lui permettra alors de défiscaliser ses dons. Mais quels bénéfices, sur le front de la recherche, pourra-t-il ainsi en tirer ? « Les talents qui seront formés dans cette fondation, nous espérons qu'ils comprendront qu'ils ont été financés par Huawei, affirme Mérouane Debbah. Certains voudront peut-être, un jour, rejoindre nos centres de recherche... » A côté du centre Lagrange, Huawei en compte cinq autres dans l'Hexagone, spécialisés dans les transmissions sans fil, l'intelligence artificielle ou les capteurs et le traitement d'image des smartphones. Quelques 250 chercheurs travaillent aujourd'hui sous sa coupe.
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