La prochaine génération de téléphonie mobile, qui promet d’offrir des débits considérables et de faire entrer les individus et les entreprises dans l’ère du « tout connecté », devrait arriver dans la seconde moitié de l’année prochaine.Le voile se lève sur une nouvelle technologie de communication mobile. Dans l'Hexagone, la 5G devrait être opérationnelle à partir du printemps 2020. Son arrivée a pris du retard, car le gouvernement a mis plus de temps que prévu à boucler le processus d'attribution des fréquences dédiées à cette technologie. Quoi qu'il en soit, la 5G survient avec son lot de promesses et de questions. Bien malin qui, aujourd'hui, peut précisément prédire quelles innovations de rupture elle apportera. Il y a souvent un monde entre ce que les chercheurs et analystes envisagent dans les labos, et la manière dont les acteurs économiques se saisissent d'une nouvelle technologie de communication. L'exemple le plus saisissant fut celui de la 3G. Initialement calibrée pour la visiophonie, celle-ci a permis, dans un registre très différent, le développement ultra rapide de l'Internet mobile.
La 4G, qui a offert des débits bien plus élevés, a pour sa part permis, au début des années 2010, aux smartphones de devenir une interface de référence, une sorte de « télécommande de nos vies ». Son arrivée a dopé l'apparition d'une myriade d'applications dans des domaines divers, allant de la vidéo en streaming, à la commande de VTC, au « dating », en passant par le développement des jeux sur mobile. Avec sa latence faible (la réponse du réseau lorsqu'on le sollicite) et des débits encore plus importants, la 5G se présente comme la technologie qui permettra de connecter à la fois les hommes, les machines et les produits. Elle ouvre la voie aux usines connectées, aux véhicules autonomes, à la télémédecine ou à la robotique industrielle. Du moins sur le papier.
Les grandes villes couvertes en premier
La 5G ne sera pas d'emblée disponible partout. Certainement pas. Les opérateurs vont d'abord mettre les bouchées doubles pour couvrir les grandes villes, qui sont les territoires les plus denses et les plus rentables, avant de concentrer leurs efforts dans les campagnes. Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free doivent, a minima, offrir ce service dans deux villes au terme de l'exercice 2020. Pour eux, la 5G est synonyme de gros investissements. Mais aussi, à terme, de gros bénéfices. Surtout si les entreprises, comme ils l'espèrent, s'approprient cette technologie sans traîner pour développer de nouveaux services, se différencier, et réduire leurs coûts. Le développement et la commercialisation de la 5G feront, à n'en point douter, l'objet d'une féroce guerre économique. La première bataille doit débuter prochainement avec le lance- ment du processus d'attribution des fréquences. À cette occasion, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free chercheront, lors d'un processus d'enchères, à décrocher un maximum d'entre elles. Le prix de réserve est à la mesure de l'enjeu : il a été fixé à 2,17 milliards d'euros.