Aux Etats-Unis, Huawei se démène pour préserver ses positions

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Huawei est depuis des mois dans le collimateur des États-Unis. Washington soupçonne l’entreprise, tout comme son rival ZTE, d’utiliser ses équipements à des fins d’espionnage pour le compte de Pékin. Ce que Huawei a toujours démenti.
Huawei est depuis des mois dans le collimateur des États-Unis. Washington soupçonne l’entreprise, tout comme son rival ZTE, d’utiliser ses équipements à des fins d’espionnage pour le compte de Pékin. Ce que Huawei a toujours démenti. (Crédits : CARLO ALLEGRI)
Le géant chinois des équipements télécoms a porté plainte au pays de l’Oncle Sam contre son exclusion d’un fonds visant à financer les infrastructures dans les territoires ruraux.

De l'autre côté de l'Atlantique, les États-Unis continuent de mener la vie dure à Huawei. Le mois dernier, le géant chinois des équipements télécoms, et numéro deux mondial des smartphones, s'est fait exclure d'un fonds fédéral visant à financer les infrastructures télécoms dans les zones rurales. D'un montant de 8,5 milliards de dollars, ce Fond de service universel (USF) est géré par le gendarme du secteur, à savoir la Federal Communications Commission (FCC). Concrètement, la FCC a interdit aux opérateurs télécoms de solliciter une aide du fonds pour financer des équipements de Huawei comme de ZTE, l'autre gros équipementier de l'Empire du Milieu. La FCC ne s'est pas arrêtée en si bon chemin. Elle a suggéré « d'exiger des entreprises recevant des fonds de l'USF (...) qu'elles retirent et remplacent les équipements et services » qui ont déjà été fournis par les deux entreprises chinoises.

Huawei est depuis des mois dans le collimateur des Etats-Unis. Washington soupçonne l'entreprise, tout comme son rival ZTE, d'utiliser ses équipements à des fins d'espionnage pour le compte de Pékin. Ce que Huawei a toujours démenti. Ce jeudi, le mastodonte chinois a répliqué en portant plainte contre son exclusion de l'USF. Lors d'une conférence de presse à Shenzhen, Song Liuping, le chef des services juridiques de Huawei, a fustigé la décision de la FCC. D'après lui, celle-ci n'est pas recevable, puisque l'institution n'a pas prouvé que le groupe constituait une menace pour la sécurité des Etats-Unis. « Bannir une entreprise comme Huawei, simplement parce que nous avons démarré en Chine, ne résout pas les questions de cybersécurité », a insisté Song Liuping.

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Délocalisation d'un centre de recherche

C'est la seconde fois que Huawei sort les griffes aux États-Unis. Au début du mois de mars, le groupe chinois a porté plainte contre une interdiction des administrations américaines d'acheter ses équipements et services. Guo Ping, un des présidents tournants de Huawei, a taclé le Congrès. Celui-ci « n'a jamais pu fournir la moindre preuve pour justifier ses restrictions visant les produits de Huawei », a-t-il déploré.

En parallèle, Huawei prend de plus en plus ses distances avec les États-Unis. Chassé du marché américain de la 5G, et confronté à une interdiction de s'approvisionner en technologies américaines, le groupe a indiqué, en début de semaine, qu'il allait délocaliser un centre de recherche et développement du pays de l'Oncle Sam vers le Canada. C'est ce qu'a indiqué Ren Zhengfei, le fondateur de Huawei, ce mardi, au journal canadien Globe and Mail.

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Des relations de plus en plus difficiles

Les relations entre l'entreprise et les États-Unis sont de plus en plus difficiles. D'autant que Washington mène un intense lobbying pour pousser les Européens à bannir, comme lui, Huawei des réseaux 5G. L'Union européenne demeure méfiante envers les équipements du groupe de Shenzhen. Ce mardi, les 28 pays de l'UE ont convenu de « prendre en considération le régime politique dans lequel évoluent les fournisseurs originaires de pays tiers » pour limiter les risques de sécurité dans le cadre du déploiement de la 5G sur le Vieux Continent. Une sortie qui vise directement Huawei et la Chine, même s'ils ne sont pas cités nommément.

(avec AFP)

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