Orange : la succession de Stéphane Richard se précise

Trois candidats se détachent désormais pour prendre les rênes de l’opérateur historique. Il s’agit de Ramon Fernandez, candidat interne et actuel directeur financier du groupe, de Christel Heydemann, PDG de Schneider Electric France et administratrice de l’opérateur, et de Frank Boulben, responsable des ventes de Verizon.
Pierre Manière

4 mn

Ramon Fernandez (à gauche), ici aux côtés de Stéphane Richard, est le candidat interne pour prendre la direction générale du géant français des télécoms.
Ramon Fernandez (à gauche), ici aux côtés de Stéphane Richard, est le candidat interne pour prendre la direction générale du géant français des télécoms. (Crédits : Reuters)

Il n'en reste, officiellement, plus que trois. Dans la bataille pour succéder à Stéphane Richard à la tête d'Orange, la liste des candidats s'est désormais bien réduite. Le comité de sélection interne de l'opérateur historique a présélectionné trois noms pour prendre les rênes du groupe, en tant que directeur général. Selon nos informations, confirmant celles de Libération ce jeudi, il s'agit de Ramon Fernandez, candidat interne et actuel directeur financier du groupe, de Christel Heydemann, patronne de Schneider Electric France et administratrice de l'opérateur, ainsi que de Frank Boulben, ancien de la maison et actuellement chez Verizon.

Le choix de Ramon Fernandez n'est pas une surprise. Il était depuis longtemps pressenti pour prendre la suite de Stéphane Richard. Son profil et son ancienneté constituent l'assurance d'une certaine continuité. Il a ainsi réussi à écarter d'autres sérieux candidats internes. On pense, en particulier, à Fabienne Dulac, actuelle patronne d'Orange France, de loin le premier marché du géant français aux 42 milliards d'euros de chiffre d'affaires. La dirigeante cochait de nombreuses cases. Elle avait aussi l'avantage d'être une femme, qui sont peu présentes à ce niveau de responsabilités dans l'univers très masculin des télécoms. Paye-t-elle, ici, un certain manque d'expérience à l'international, ou ses relations réputées tendues avec les syndicats ? Possible.

Fallacher et Trabbia n'ont pas convaincu

Jean-François Fallacher, actuel patron d'Orange Espagne, n'a pas non plus réussi à sortir du lot. L'« homme des situations difficiles », comme on le surnomme en interne, disposait pourtant d'un CV fourni, y compris hors des frontières de l'Hexagone. Citons également Michaël Trabbia. L'actuel directeur de l'Innovation était lui-aussi pressenti. Ce fidèle de Stéphane Richard, dont il a été le directeur de cabinet de 2014 à 2016, a enchaîné les responsabilités pendant plus de dix ans chez Orange. Il a notamment chapeauté les affaires publiques, et a passé, plus récemment, quelques années à la tête d'Orange Belgium. Mais cela n'a, visiblement, pas suffi.

A côté de Ramon Fernandez, Christel Heydemann a de sérieux atouts. Elle est aujourd'hui PDG de Schneider Electric France. Les télécoms, elle connaît. Schneider Eletric a, d'ailleurs, été précurseur en France en matière de 5G. Son usine de Vaudreuil (Eure) est d'ailleurs la première, dans l'Hexagone, a avoir été connectée en 5G pour tester les usages de l'industrie du futur. Un créneau sur lequel Orange a de grandes ambitions dans les années à venir. Frank Boulben, lui, a travaillé chez Orange dans les années 2000. Il peut se prévaloir d'une grosse expérience chez de nombreux cadors des nouvelles technologies, comme Vivendi Universal, Vodafone, Blackberry, et depuis peu Verizon. Il est désormais responsable des ventes du mastodonte américain des télécoms.

Un retour de Delphine Ernotte ?

Alors qu'il était un temps pressenti, Benoît Ribadeau-Dumas, l'ancien directeur de cabinet du Premier ministre Edouard Philippe, et éphémère DG adjoint du groupe SCOR, ne serait, d'après nos informations, pas concerné par le poste. L'actuel patron de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, n'a jamais caché, par le passé, son intérêt pour Orange. Mais il ne semble pas, aujourd'hui, dans la course.

Selon Libération, les trois candidats retenus par le comité ne suscitent pas l'engouement de l'Elysée comme de Bercy. Alors que Stéphane Richard doit passer la main le 31 janvier prochain, il est tout à fait possible que de nouveaux noms soient proposés par l'Etat. Son avis sera in fine déterminant, puisqu'il dispose toujours de 23% d'Orange. Certains évoquent un possible retour de Delphine Ernotte, l'actuelle patronne de France Télévisions. Avant son départ d'Orange, en 2015, elle s'était un temps positionnée pour prendre la place de Stéphane Richard.

Le temps presse

En outre, Orange et l'Etat devront également adjoindre un président au futur directeur général. Il a en effet décidé de passer du système d'un PDG à celui d'une gouvernance dissociée. Stéphane Richard, qui est contraint de rendre son tablier après sa condamnation dans l'affaire Tapie, doit quitter le groupe le 31 janvier au plus tard. En clair, le temps presse, et il reste beaucoup d'inconnues. Il n'est pas impossible, sous ce prisme, que l'Elysée et Bercy choisissent de repousser cette date butoir pour se laisser quelques semaines de plus pour arrêter leur choix.

Pierre Manière

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