Après sa condamnation dans l’affaire Tapie, le PDG d’Orange va rendre son tablier au plus tard le 31 janvier prochain. L’Etat, premier actionnaire de l’opérateur historique, lui cherche maintenant un successeur. Il est l’heure, pour les candidats, de dévoiler leurs cartes et leurs ambitions.Au lendemain de sa condamnation dans l'affaire Tapie, qui l'a obligé à rendre son tablier de PDG d'Orange, il ne cache pas sa « colère ». Sur les ondes de France Inter, ce jeudi matin, Stéphane Richard a fait part de son « incompréhension » suite à cette décision de justice. Reconnu coupable de « complicité de détournement de fonds publics » dans l'affaire de l'arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais de 2008, laquelle avait permis à l'homme d'affaires décédé d'empocher plus de 400 millions d'euros, le dirigeant estime faire les frais d'un choix qui ne venait pas de lui. Directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde au moment des faits, il rappelle qu'il n'a pas participé à l'arbitrage frauduleux. Et, surtout, que la décision de recourir à ce procédé pour solder le contentieux ne venait pas de lui.
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Il s'agissait, à l'époque, « d'une décision technique et politique », insiste-t-il. « Tout le monde voit bien que ce n'est pas de moi que vient cette idée », déclare-t-il. Manière de renvoyer la balle au gouvernement de l'époque, et notamment à Christine Lagarde et à Nicolas Sarkozy, alors à l'Elysée. « Est-ce qu'il est normal qu'un directeur de cabinet, dans un système comme celui-là, paye effectivement les conséquences de cette décision ?, lance-t-il. Moi, je ne crois pas. »
Pas sûr sur l'Etat balaye l'option d'un PDG
Quoi qu'il en soit, et même s'il se pourvoit en cassation, cette décision de justice l'oblige à jeter l'éponge. Après onze ans à la tête de l'opérateur historique, Stéphane Richard quittera Orange au plus tard le 31 janvier. Selon nos informations, l'Etat, premier actionnaire de l'opérateur, n'a pas souhaité le laisser aller jusqu'à la fin de son mandat en mai prochain. Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, avait indiqué qu'il devrait s'en aller en cas de condamnation. D'un point de vue politique, le gouvernement veut surtout éviter d'être accusé de favoriser les puissants, dans un contexte de défiance envers les élites politiques et économiques. Cela dit, la campagne pour la succession de Stéphane Richard est maintenant ouverte.