Au terme de son offre de rachat des 47% d’Orange Belgium qu'il ne possédait pas encore, Orange n’en a récolté qu’un peu moins de la moitié. Plusieurs minoritaires, dont le fonds Polygon, qui juge le prix proposé par le géant français « dérisoire », ont fait faux bond. Orange a néanmoins décidé de rouvrir l’offre du 28 avril au 4 mai.L'opération devait permettre à Orange de retirer sa filiale Orange Belgium de la Bourse. Cette perspective s'annonce pour le moins compliquée. Ce mardi, le numéro un français des télécoms a levé le voile sur les résultats de son offre de rachat des 47% d'Orange Belgium qu'il ne possédait pas encore. Entre le 8 et le 23 avril, il a raflé 21,66% du capital de sa filiale, portant sa participation globale à 74,68%. Ce qui s'avère largement insuffisant pour retirer Orange Belgium de la cote - puisque géant français a besoin de récupérer au moins 95% des titres. Cela montre, aussi, que de nombreux minoritaires ont préféré garder leurs actions, et que le prix proposé par Orange (22 euros) ne leur convient pas.
L'opérateur français n'avait, pourtant, pas ménagé ses efforts pour convaincre les minoritaires d'apporter leurs titres. Dans une interview au quotidien économique belge L'Echo, le 21 avril dernier, Ramon Fernandez, le directeur financier d'Orange, avait présenté son offre comme une opportunité à saisir. « Nous offrons 22 euros aujourd'hui, mais rien de garantit que nous pourrons le faire plus tard », a-t-il déclaré.
« C'est un bon prix », défend Orange
Faute d'avoir obtenu suffisamment de titres, le numéro un français des télécoms a décidé de remettre le couvert, et de rouvrir son offre du 28 avril au 4 mai. Le prix demeure inchangé. Malgré la fronde de certains minoritaires, jugeant que celui-ci est trop bas, le groupe reste droit dans ses bottes. Ramon Fernandez avait d'ailleurs fait part, la semaine dernière, de son inflexibilité à ce sujet. « Notre prix correspond à une prime de 36% par rapport au cours de l'action avant notre offre, a-t-il déclaré, lors de la présentation des résultats du premier trimestre du groupe. C'est un bon prix, juste et équitable. »
Particulièrement remonté par l'initiative d'Orange, le fonds Polygon, qui milite pour un prix d'au moins 40 euros par titre, ne s'est pas privé, ce mardi, de redire tout le mal qu'il pensait de l'opération. Selon lui, l'offre d'Orange demeure « dérisoire ». « Polygon réaffirme son point de vue selon lequel l'offre d'Orange revient à sous-évaluer substantiellement la société Orange Belgium sur une base 'stand-alone', argue le fonds dans un communiqué. Polygon estime, qu'entre autres facteurs, l'offre d'Orange fait état d'un prix qui, de l'avis de Polygon, a été temporairement et indûment réduit par la crise du Covid-19 et les inquiétudes persistantes de voir arriver un potentiel quatrième entrant sur le marché de la téléphonie mobile belge. »