Orange veut étendre son empreinte sur le marché de la fibre dans les campagnes
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Stéphane Richard, le PDG d'Orange.
Reuters
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Après la « towerco », la « fiberco » ! Quelques jours après le démarrage de Totem, sa filiale dédiée à la gestion de ses antennes mobiles en France et en Espagne, Orange a officiellement lancé Orange Concessions. Cette nouvelle structure a la charge d'exploiter et de développer les réseaux de fibre de l'opérateur historique dans les campagnes. Dans ces territoires, Orange disposera, à terme, d'un parc de 4,5 millions de prises fibre (soit une part de marché d'environ 30%), sachant que 1,8 million ont déjà été installées.
Dans les campagnes, Orange Concessions gérera quelques 23 réseaux dits « d'initiative publique » (RIP). Il s'agit de réseaux déployés pour le compte des collectivités. Ils bénéficient d'aides de l'Etat, car ces territoires, peu peuplés, sont bien moins rentables que les grandes agglomérations et les zones urbaines.
En conférence de presse, ce vendredi à Paris, Stéphane Richard, le PDG d'Orange, a souligné qu'Orange Concessions permet à l'opérateur historique « d'optimiser » ses investissements dans la fibre. A l'échelle du groupe, ceux-ci se chiffrent en milliards d'euros, et « il y a encore beaucoup de théâtres d'opération en Europe et en Afrique », explique le patron. « Nous avons trouvé que la formule Orange Concessions, qui nous a permis d'attirer des partenaires, était la bonne solution », poursuit le dirigeant. Orange a en effet ouvert le capital de sa nouvelle filiale à hauteur de 50% à un consortium regroupant la Banque des Territoires, CNP Assurances et EDF Invest. L'opération valorise Orange Concessions à 2,675 milliards d'euros.
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Ce montant constitue, pour Stéphane Richard, un motif de satisfaction. « Les conditions financières de ce projet montrent la valeur de nos actifs et leur qualité », insiste le PDG. Ce message est directement adressé aux marchés et aux investisseurs qui boudent, aujourd'hui, les valeurs télécoms comme Orange. « Nous assistons à un jeu de massacre, c'est bien dommage », regrette Stéphane Richard, alors que le cours de Bourse de l'opérateur végète, à son grand agacement, depuis des mois sous les 10 euros. Les investisseurs reprochent à Orange, comme à BT, Vodafone, Telecom Italia, ou KPN, de trop lourds investissements dans la fibre ou la 5G, tandis qu'en parallèle, leurs prix demeurent souvent bas du fait d'une forte concurrence. L'état-major de l'opérateur historique espère qu'Orange Concessions, tout comme Totem, permettront de redonner un peu d'éclat au groupe en Bourse.