Quand la défiance entre Orange, l’Arcep et le gouvernement entrave l’arrivée de la fibre
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Laure de La Raudière, la président de l'Arcep, et Stéphane Richard, le PDG d'Orange.
Reuters
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Laure de La Raudière, la président de l'Arcep, et Stéphane Richard, le PDG d'Orange.
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Entre régulateur et régulé, les tensions n'ont rien d'anormal. Orange, le leader français des télécoms, et l'Arcep, le gendarme du secteur, se chamaillent régulièrement. Mais les passes d'armes deviennent vite problématiques au-delà d'un certain point. C'est précisément ce qui se passe, depuis plus d'un an, dans un dossier brûlant concernant le très stratégique dossier du déploiement de la fibre.
L'affaire porte sur la zone dite « moyennement dense », qui concerne environ 3.500 communes et 40% de la population française. En 2010, Orange et SFR se sont partagés la couverture en fibre de ces territoires - l'opérateur historique s'étant, ici, taillé la part du lion. Le chantier a depuis bien avancé, même si la crise du Covid-19 a un temps freiné les travaux. « Au regard du contexte, objectivement, ce qu'a fait Orange, c'est assez inespéré », indique à La Tribune le cabinet de Cédric O, le secrétaire d'Etat en charge du Numérique.
A ce jour, Orange a rendu raccordable un peu plus de 11,2 millions de locaux (logements et entreprises) sur les 11,7 millions dont il a la charge selon le référentiel de l'Insee. Sachant qu'au regard de l'Arcep, qui se base sur un autre référentiel dit « IPE » et utilisé par les opérateurs, le nombre de locaux qu'Orange doit rendre raccordable s'élève à 12,7 millions. Il s'agit, ici, d'un premier désaccord entre régulateur et régulé. Et non des moindres.
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Cela dit, le gros des travaux arrive à son terme. Dans la zone moyennement dense, les déploiements de masse, qui concernent les grands ensembles urbains, sont quasiment terminés. Mais le plus dur arrive. Il faut désormais apporter la fibre à de nombreuses habitations et entreprises, parmi les plus isolées ou difficiles d'accès. Un travail de dentelle, qui coûte cher. « Ces derniers locaux sont les plus compliqués, explique le cabinet de Cédric O. Nous rentrons dans la finalisation, dans le capillaire. Ce ne sont pas du tout les mêmes processus industriels. Il s'agit d'une situation inédite avec encore beaucoup d'inconnues opérationnelles et organisationnelles. »