En matière de télécoms, c'est l'une des grandes promesses d'Emmanuel Macron. Pendant la crise du coronavirus, qui a démontré l'importance, pour les Français, de disposer d'une bonne connexion Internet, le chef de l'Etat a fait de la « fibre pour tous » un objectif à l'horizon 2025. Ce n'est pas une mince affaire. Certes, le plan France Très haut débit, qui vise à apporter une connexion Internet ultra-rapide à tous les Français d'ici à 2022, est sur de bons rails. Selon une étude publiée ce mardi par InfraNum, qui rassemble les industriels de la fibre, le déploiement de cette technologie s'intensifie. Cette année, 6,2 millions de locaux supplémentaires devraient être raccordés. Un record. Tous les acteurs des télécoms et le gouvernement s'en félicitent, d'autant que ce résultat a été obtenu en pleine crise sanitaire. L'étude d'InfraNum estime ainsi qu'en 2022, 36,2 millions de locaux seront raccordés, sur un total de 42,7 millions.
Selon ces projections, il faudra encore apporter la fibre à 6,5 millions de foyers entre 2023 et 2025. Or selon InfraNum, 2,1 millions de locaux suscitent l'inquiétude du secteur. Et pour cause, il s'agit ici de raccordement longs, complexes, situés dans des territoires isolés ou difficilement accessibles. D'un point de vue technique, rien n'empêche d'apporter la fibre à ces foyers... Mais cela coûte très cher. Dans le cadre du plan de relance, le gouvernement a déjà débloqué une enveloppe de 150 millions d'euros pour effectuer ces raccordements. Mais cette manne apparaît très insuffisante. Délégué général adjoint d'InfraNum, Julien Delmouly souligne que ces prises vont coûter « deux à trois fois plus cher » que celles des réseaux déployés par les collectivités dans les campagnes, dont le prix s'élève « en moyenne à 1.500 euros » l'unité. Si l'on part du principe que ces raccordements difficiles vont chacun coûter 3.000 euros, la facture totale s'élève à 6,3 milliards d'euros ! Un montant astronomique au regard du coût total du plan France Très haut débit, qui avoisine aujourd'hui les 30 milliards d'euros. Pour atteindre le « 100% fibre », InfraNum recommande ainsi la création d'un « service universel de la fibre », soit « un fonds de péréquation pour assurer la vie du réseau, sur le modèle de l'énergie ».