Télécoms pour les entreprises : Orange de plus en plus sous pression

Stéphane Richard
Reuters

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Ce jeudi, lors de la présentation de ses résultats annuels, le groupe Bouygues a annoncé que sa filiale, Bouygues Telecom, avait signé un accord pour racheter Nerim, un opérateur spécialisé dans les télécoms pour les entreprises. C'est la deuxième opération de l'opérateur de Martin Bouygues sur ce marché. Récemment, Bouygues Telecom a mis la main Keyyo Communications, un autre opérateur dédié aux TPE et PME. Olivier Roussat, directeur général délégué de Bouygues et PDG de l'opérateur, n'a pas fait mystère de ses ambitions dans les télécoms professionnelles. Son premier objectif ? Grandir dans l'Internet fixe.
Pour Orange, l'offensive de Bouygues Telecom n'est pas une bonne nouvelle. Forcément, l'opérateur de Martin Bouygues va tenter de lui tailler des croupières sur un marché qu'il domine très largement, et qui pèse pas moins de 10 milliards d'euros. L'opérateur historique n'est, en outre, pas uniquement confronté à cette menace. Mi-janvier, son rival Iliad (Free) a aussi décidé de se lancer sur ce créneau en avalant Jaguar Networks, un spécialiste des télécoms pour les entreprises et fournisseur de services « cloud ». En parallèle, Orange doit composer avec une régulation beaucoup moins favorable. L'Arcep, le gendarme des télécoms, fait depuis quelques années son possible pour ouvrir davantage le secteur à la concurrence, avec l'objectif d'en finir avec la très forte domination d'Orange - et dans une bien moindre mesure de SFR.
Lors de la présentation des résultats annuels de l'opérateur historique, ce jeudi, Stéphane Richard, son PDG, a affirmé qu'il n'était pas inquiet de voir ses rivaux investir dans les télécoms professionnelles. « Welcome !, a-t-il lâché. Vous savez, on n'a jamais été contre la concurrence. » Cela dit, c'est plutôt certaines manœuvres de l'Arcep et de son président, Sébastien Soriano, qui l'agacent au plus haut point.
Très remonté, Stéphane Richard fait vraisemblablement référence à une sortie de Sébastien Soriano sur BFM. Le 5 février dernier, le président de l'Arcep s'est félicité de voir de nouveaux acteurs rentrer dans les télécoms professionnelles. « Ca bouge ! », s'est-il réjoui. Avant d'inviter « tous les patrons d'entreprises qui nous écoutent à vraiment regarder toutes les offres qui existent, y compris les alternatives à Orange sur la fibre ».
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Des propos qui ont quelque peu irrités - c'est peu dire - Stéphane Richard... De son côté, Helmut Reisinger, le patron d'Orange Business Services, la banche d'Orange dédiée aux entreprises, a réaffirmé ce jeudi sa confiance dans la stratégie de l'opérateur historique. « Nous sommes un acteur premium », a-t-il indiqué. À l'en croire, Orange se démarque de la concurrence en proposant aux entreprises tout un éventail de services numériques, allant de gestion des objets connectés, à la cybersécurité, en passant par l'hébergement et le traitement des données.
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