Les métiers d’art : chefs-d’œuvre fragiles en Rhône-Alpes
Jean-Baptiste Labeur
Jean-Baptiste Labeur
Ils sont verriers, horlogers, ébénistes, selliers ou encore luthiers ou céramistes. Le monde des métiers d'art ouvre ses portes durant trois jours en Rhône-Alpes, à l'occasion des journées européennes des métiers d'art.
L'occasion de découvrir un univers fascinant, 217 métiers souvent rares et peu connus. En France, le chiffre d'affaires des entreprises d'art pèse 8 milliards d'euros, porté par l'industrie du luxe comme Hermès, Vuitton ou Lalique. Mais ces grands groupes sont la partie émergée de l'iceberg et les entreprises de métiers d'art constituent un écosystème économique extrêmement diversifié, en particulier en Rhône-Alpes.
La région compte environ 2 500 entreprises de métiers d'art. L'Ardèche et la Drôme en concentrent une grande partie, mais la Loire, l'Isère ou encore le Rhône sont des départements riches dans ce secteur.
« Majoritairement, ce sont plutôt des entreprises individuelles », précise Philippe Lasablière, coordinateur régional pour les métiers d'art à la Chambre régionale des métiers et de l'artisanat. « Certaines sont sur des marchés très locaux, d'autres exportent dans le monde ».
C'est le cas par exemple de l'entreprise lyonnaise Daber, fondée en 1981. Avec 5 salariés, elle est le leader des fabricants d'archers pour la musique. Chaque année elle réalise 400 à 450 archers haut de gamme vendus en Europe, Asie et Amérique.
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Pourtant la pérennité de ces entreprises reste souvent aléatoire. « Elles sont relativement fragiles car il faut du temps pour créer et produire une pièce. Le marché est diffus et certaines n'arrivent pas à vendre toujours au prix réel », constate Philippe Lasablière.
Pour les entreprises qui travaillent en lien avec le patrimoine, maçons, tailleurs de pierre, vitraillistes ou ébénistes, ce n'est pas toujours simple non plus, car les marchés publics ont tendance à se réduire et certains font tourner leur entreprise avec des chantiers plus alimentaires.
L'autre point faible reste la polyvalence inhérente à une entreprise individuelle. Pour Laurence Girard, céramiste à Lyon et déléguée régionale des ateliers d'art de France :
Le syndicat propose donc des formations aux artisans d'art pour développer leurs compétences et organise des salons comme « Maison et Objet » à Paris.
Le problème se pose moins lorsque l'artisan s'est reconverti dans un métier d'art. « On en compte de plus en plus, et ces personnes, souvent issues du monde de l'entreprise, ne sont pas effrayées par l'administratif et n'ont pas de tabou vis-à-vis du marketing ou de la communication », constate Laurence Girard.
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Les métiers d'art assurent un rayonnement d'un certain savoir-faire français, et pourtant nombreux sont les artisans qui se plaignent d'un manque de reconnaissance et de valorisation par l'Etat. De par leur nature et leur localisation, ces entreprises, souvent implantées en zone rurale jouent aussi un rôle important dans l'occupation et la structuration du territoire.
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