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French Tech : Grenoble va surfer sur le label

Marie Lyan

Publié le 12 novembre 2014 à 13:29 - Mis à jour le 13 novembre 2014 à 09:03

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C'est désormais confirmé… Alors que plusieurs bruits de couloirs plaçaient la capitale des Alpes en très bonne position pour obtenir le label, Grenoble fait partie des villes à obtenir le label French Tech dès la première vague de labellisation.

Les acteurs isérois y croyaient dur comme fer. Leur rêve est désormais devenu réalité. La candidature de Digital Grenoble, qui rassemble plus de 460 entreprises, collectivités, pôles de compétitivité, universités et investisseurs vient de remporter le précieux label French Tech.

"Nous sommes très fiers de la mobilisation qui a eu lieu. Car au delà de la labellisation, nous voyons déjà la réalité de cet écosystème qui est en train de monter en puissance. Cette annonce est aussi un point de départ puisqu'il nous faut désormais mettre en place le bâtiment Totem et la gouvernance", affirme Renaud Cornu-Emieux, membre du comité de pilotage de Digital Grenoble.

"Ce qui a caractérisé la démarche était une approche très "bottom-up", puisqu'on n'a pas cherché à dire de manière technocratique que Grenoble était ceci ou cela", a fait valoir Jean-Pierre Verjut, responsable de la candidature à Digital Grenoble.

Selon lui, Grenoble "s'est défini une coloration numérique autour de 4 piliers : l'énergie, la santé, les objets connectés et la digitalisation du parcours clients, et qui n'est pas la même que Rennes ou Lyon".

Plus que la dotation de 15 millions d'euros, pour la communication, qui sera répartie entre les villes lauréates, Renaud Cornu-Emieux rappelle que l'intérêt de ce label est avant tout une question de visibilité : "Je ne pense pas  que les villes courraient pour avoir une dotation. Elles concourraient surtout pour entrer dans une dynamique de visibilité et d'accompagnement aux accélérateurs qui pourront recevoir des dotations", estime-t-il.

Les forces de Grenoble

Principale force de la candidature grenobloise ? Son écosystème. "Nous pouvons compter sur un écosystème complet, avec de grosses entreprises, des tech champions, des start-ups, des accélérateurs et une forte concentration de laboratoires de recherche et d'universités dans le domaine du numérique", fait valoir M. Cornu-Emieux, qui rappelle que la ville, de par sa taille, permet des interactions facilitées entre les différents acteurs. "D'un point à l'autre, nous pouvons nous déplacer en une demi-heure. C'est quelque chose de très envié par les parisiens, par exemple".

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Le président de la Metro, Christophe Ferrari, a salué lors d'une conférence de presse "une oeuvre collective", rappelant que la candidature grenobloise "s'inscrit parmi les tous premiers dossiers, grâce à sa qualité". Ce dernier compte soumettre au vote du conseil communautaire l'octroi d'une subvention de 500 000€ pour amorcer le démarrage du Totem et de la filière, en employant deux salariés. Le 3e vice-président à l'Economie de la Metro, Fabrice Hugelé, rappelle que les technologies de l'information représentent près de 40 000 emplois et 6000 chercheurs à Grenoble. "Il s'agit désormais de transformer l'essai pour créer de la croissance avec cette filière", résume-t-il.

Originalité de la candidature grenobloise, le mode de gouvernance devrait rapidement passer du mode associatif au mode privé, avec une Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC). "Nous voulons que d'ici 3 ans, nous ne recevions plus de subventions. L'idée est de réaliser un crowdfunding auprès de nos soutiens pour aller chercher ensuite des prêts des banques et de la BPI afin de créer un effet de levier", précise Jean-Pierre Verjut.

Emblématique, l'ouverture d'un bâtiment Totem, dans les anciens bâtiments d'Orange situés au centre de Grenoble (quartier Chavant), est prévue dès janvier prochain, sur près de 700 mètres carrés de plancher. "Nous devrions avoir, d'ici deux ans, 2000 à 3000 m2", estime M. Verjut.

Des synergies ?

Si en Rhône-Alpes, seules Lyon et Grenoble ont obtenu le précieux label, des regroupements ou synergies ne sont pas exclues. "Nous avons toujours été ouverts à cela. La preuve, c'est que dans le soutien de Digital Grenoble, nous avions des gens de Chambéry comme Savoie Technolac ou Savoie Mont-Blanc Angels. Il faut que l'on voit sous quelle forme, mais nous sommes bien dans cette dynamique qui est d'être un élément au sein d'un réseau", rappelle Renaud Cornu-Emieux.

Pressentie comme l'une des favorites,  les bruits de couloirs concernant la candidature de Grenoble s'étaient multipliés dès la semaine dernière, puisque le porteur du projet, Digital Grenoble (soutenu par la CCI et la Metro) avait annoncé qu'une conférence de presse se tiendrait ce mercredi soir après l'annonce des résultats, en présence de tous les acteurs du dossier. Preuve que l'issue négative était presque exclue... "Mais lorsqu'on vous dit qu'il y a 99% de chances, il reste toujours le 1%", glisse Renaud Cornu-Emieux, qui rappelle : «Avant, lorsqu'on voulait faire quelque chose dans le numérique, on regardait d'abord Paris. Aujourd'hui, on se regarde entre nous et on voit ce que l'on peut faire".

Tournés vers l'avenir

Afin de permettre aux start-up de dépasser "le plafond de verre" des 100 emplois, Digital Grenoble souhaite développer grâce à cette labellisation des accélérateurs, qui pourront prétendre à l'enveloppe des 215 millions d'euros prévus dans le cadre des métropoles French Tech.

"L'ambition, à 10 ans, est de pouvoir créer au moins un champion numérique qui représente plusieurs milliers d'emplois et qu'un nombre significatif de start-up dépassent les 100 emplois", annonce Jean-Pierre Verjut, qui rappelle : "Ce plafond e verre est dû à un manque d'investissements qui fait que les sociétés en croissance se font ensuite racheter par des entreprises américaines".

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Pour cela, Digital Grenoble planche déjà sur la mise en place de plusieurs accélérateurs sur la digitalisation du parcours client, les objets connectés, ou encore l'énergie. "Nous espérons lever pour chacun d'entre eux, 50 à 100 millions d'euros, que ce soit auprès du fonds des métropoles French Tech, de la BPI, des banques et investisseurs étrangers", conclut Jean-Pierre Verjut.

Marie Lyan

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