A Romans, Mme le Maire s'inspire de l'entreprise pour gérer sa ville
Aurélien Tournier
Aurélien Tournier
Un an après les élections municipales, force est de constater que certains élus ont déjà laissé leurs empreintes. A Romans-sur-Isère, dans la Drôme, la nouvelle maire DVD (ancienne consultante, qui a notamment effectué des missions de conseil auprès de Fleury Michon et Elle & Vire) se sert de son expérience entrepreneuriale pour moderniser son administration et contribuer à l'attractivité de la ville.
La compétence économique n'est pourtant point du ressort d'une commune. Mais elle l'assume, c'est avec "responsabilité" qu'elle a décidé d'en faire son cheval de bataille.Tournée vers l'avenir, elle essaie ainsi de mettre en avant le potentiel économique de Romans, tout en voulant continuer à défendre l'intérêt de ses concitoyens. Car bien au delà de création d'emplois, il s'agit là d'un levier qui peut selon elle profiter à toute la ville.
Le 28 janvier dernier, Marie-Hélène Thoraval avait ainsi invité près de 150 investisseurs privés à la Cité de la musique, dans le cadre d'un événement intitulée "InvestInRomans". L'objectif était clairement affiché : opération séduction. Pendant près d'une heure, le maire et ses équipes ont alors présenté la ville, ses différentes opportunités, ses atouts et le projet de territoire à l'horizon 2050. Un film promotionnel a notamment montré les tènements et biens immobiliers à acquérir, à l'instar de l'ancienne usine Charles Jourdan aujourd'hui à l'abandon, et les divers projets qui pourraient y être menés.
Les termes employés sont issus du monde de l'entreprise. Mais ceux-ci profitent aussi aux services de la collectivité. L'élue s'est en effet attachée à analyser et modifier l'organisation des services dès son arrivée.
Parmi ceux-ci, deux directions ont vu le jour : la DSU (Direction de la satisfaction des usagers), centrée autour de la satisfaction de l'usager, ainsi que la Dadi (Direction attractivité développement et innovation). Cette dernière pourrait être une première en France. Cette cellule, imaginée comme une start-up, a pour objet d'imaginer la ville de demain et ses facteurs d'attractivité.
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Beaucoup de projets qui confèrent à Romans, selon la première magistrate, une image bien plus dynamique. Après un an seulement à la tête de la ville, l'élue estime qu'il y a déjà un retour sur investissement.
Une nouvelle vision de la collectivité qui ne plait pas à tous. Lors des derniers conseils municipaux, des manifestants n'ont d'ailleurs point hésité à montrer leur mécontentement sur cette nouvelle approche. Certaines associations et syndicats reprochent à la majorité municipale la baisse ou la suppression des subventions qui leur étaient allouées. D'autres l'accusent de brader le patrimoine de la ville. Latifa Chay, secrétaire de section du PS du pays de Romans et membre de l'opposition municipale, note que l'approche du premier magistrat n'est pas nouvelle, rappelant que l'ancien maire Philippe Dresin échangeait lui-aussi beaucoup avec des investisseurs privés "sur des sujets pertinents".
La jeune femme note également que la définition d'une collectivité est bien différente que celle d'une entreprise, que son but reste "le mieux vivre-ensemble" et que personne ne doit être oublié dans les actions menées, qui plus est dans la période actuelle. Une vision partagée par Luc Trouiller, conseil municipal (UDI) et communautaire, de la majorité qui rappelle lui-aussi qu' "une collectivité n'est pas une entreprise, mais un bien commun qui doit profiter au plus grand nombre". L'homme reste conscient qu'il est nécessaire de faire des économies mais n'hésite pas à critiquer ouvertement la première magistrate sur sa stratégie.
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Pour Bernard Pinet, élu d'opposition FN et conseiller régional, toutes les bonnes idées sont bonnes à prendre en matière de développement économique. Mais selon lui, "il faut créer les bonnes conditions d'accueil et une fiscalité adaptée, et la diminuer". L'homme encourage également à faire davantage d'économies. Mais pour l'heure, "les efforts entrepris ne suffisent pas". Lui-aussi invite Marie-Hélène Thoraval à mettre en œuvre une autre politique.
>>Ces élus qui s'inspirent de l'entreprise, un dossier à retrouver dans le prochain numéro 125 d'Acteurs de l'économie-La Tribune
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