Attentat en Isère : "Nous avons évité le pire"
Romain Charbonnier

Attentat en Isère
Laurent Cerino/ADE
Romain Charbonnier

Attentat en Isère
Laurent Cerino/ADE
"Avec les cuves visibles depuis la route, nous avons évité le pire". Un cadre de la société SRT, société rhodanienne de topographie, située à 200 m du lieu de l'attentat terroriste survenu ce vendredi matin, dans l'entreprise Air Products de Saint-Quentin-Fallavier, en Isère, à moins de 30 minutes de Lyon, est encore sous le choc de l'événement. Mais relativise :
Les habitants installés à quelques mètres de l'entreprise ont également été inquiets :
Les témoignages sur place sont unanimes. Si le gaz avait explosé, toute la zone d'activités et les habitations auraient été touchées.
L'entreprise iséroise spécialisée dans la production de gaz à usage industriel et médical est classée en zone Seveso.
À l'instar des autres entreprises situées en en zone à risque, Air Products (une quarantaine de salariés) est protégée 24 h/24 h par des vigiles et des caméras de vidéosurveillance, et les procédures d'entrées et de sorties sont très contrôlées, nous a-t-on indiqué.
"Comment est-ce possible que le véhicule avec le terroriste ait pu pénétrer dans le premier sas ?", se questionne encore Raymond Feyssaguet, maire UDI de la commune voisine Villefontaine qui connaît bien l'entreprise pour l'avoir visitée à "plusieurs reprises". "En 30 ans, et malgré son caractère à risque, elle n'a jamais connu la moindre alerte. Toutes ses unités de stockage à l'extérieur sont très protégées", ajoute-t-il comme pour rassurer les badauds venus en masse sur les lieux.
À plus de 200 m de la zone de l'attentat, les dizaines de journalistes présents à peine 30 minutes après l'explosion seront parqués derrière un cordon de sécurité. Policiers et gendarmes déployés à chaque carrefour, mitraillettes à la main pour certains. Mais les premiers sur place seront les habitants ou salariés travaillant dans les environs. Un homme, la quarantaine, passant à vélo, à proximité de la zone, témoigne même avoir vu la tête décapitée de la personne assassinée ainsi qu'un drapeau, "le plus choquant sans doute, car c'est le même que l'on voit à la télévision" (Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur refuse de confirmer si l'inscription est celle du réseau islamiste Daesh, NDLR), quelques minutes avant l'arrivée des pompiers. Certains, étaient chez eux au moment des faits.
Autour, dans les entreprises proches, la plupart des salariés ont préféré ne pas sortir et ont poursuivi leur activité. Aucune directive de confinement ne leur a été transmise, nous indique-t-on.
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Parmi la petite foule amassée devant le cordon de sécurité, d'autres habitants sont venus en "spectateur", pour "voir", "espérant passer à la télévision". Jusqu'à 16 h, dans le ciel isérois, l'hélicoptère de la gendarmerie tournait inlassablement. Le calme semblait revenu dans la zone, la circulations aux abords avaient pu reprendre, et quelques badauds refaisaient encore l'histoire, sous les yeux attentifs et en alerte des journalistes présents.
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