Auvergne Rhône-Alpes : la santé économique reste précaire
Françoise Sigot

Ligne de production
Laurent Cérino
Françoise Sigot

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Laurent Cérino
Certains verront un verre à moitié plein, pour d'autres, il restera à moitié vide... Il est bien difficile en effet de tirer des conclusions de la dernière enquête de la Banque de France.
Réalisée auprès de 4 000 chefs d'entreprise de la grande région Auvergne Rhône-Alpes réalisant plus de 750 000 euros de chiffre d'affaires, l'étude de la Banque de France ne manque pas d'éléments positifs, comme le regain d'activité et la tendance à la hausse des investissements, mais elle en comporte aussi des points négatifs qui semblent difficiles à inverser.
Entre 2014 et 2015, l'activité économique s'inscrit globalement en hausse de 2,3 % dans l'industrie et de 4,1 % dans les services, mais le BTP reste fortement à la traîne et affiche un retrait de plus de 3 %.
Il en va de même du côté de l'emploi. Certes, l'an dernier, le nombre de postes en CDI, CDD et intérim a progressé de 0,1 % dans l'industrie et de 2,2 % dans les services, mais il a régressé de 1,4 % dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.
Et le bout du tunnel n'est encore pas pour cette année, puisque les patrons du BTP interrogés par la Banque de France pronostiquent une baisse de 0,7 % de leurs effectifs en 2016. Dans l'industrie, la stabilité devrait être au rendez-vous, alors que dans les services en revanche, la Banque de France anticipe une hausse de 3 % des emplois.
Autant d'éléments qui méritent d'être corrigés en fonction de la géographie. Si les tendances sont en effet les mêmes dans les deux anciennes régions, Rhône-Alpes reste plus dynamique. L'an dernier l'activité industrielle rhônalpine a enregistré une progression de 2,7 % alors que celle de l'Auvergne est quasi stable.
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Dans les services, la croissance est de 4,3 % en Rhône-Alpes, soit deux fois plus fortes qu'en Auvergne et dans le BTP l'activité recule de près de 6 % en Auvergne alors que cette inflexion est de 2,6 % en Rhône-Alpes. Le schéma est identique tous secteurs confondus lorsque l'on s'intéresse aux exportations.
En Auvergne, les ventes hors de France contribuent à hauteur de 0,4 % à la croissance de l'année 2015, alors que ce chiffre atteint 2,7 % du Forez aux Alpes. Reste que 2016 pourrait être l'année où la courbe régionale des exportations s'inverse puisque dans l'industrie les chefs d'entreprise Auvergnats prévoient une hausse de 5,4 % de leurs exportations, alors que leurs homologues rhônalpins n'espèrent pas plus de 3,3 %.
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Les prévisions d'investissement sont-elles orientées à l'identique sur l'ensemble de la région. Dans l'industrie, les chefs d'entreprise anticipent une progression de 9,4 % du montant de leurs investissements cette année (+ 2,7 % en 2015). Ce chiffre s'inscrit à 8,3 % dans les services (2,7 % en 2015), mais il baisse encore de 6,6 % dans le BTP (- 13,6 % en 2015).
Un point assurément positif, mais pas suffisant pour annoncer une véritable reprise.
Françoise Sigot