Lyon-Turin : il va devenir difficile de voir le bout du tunnel
Didier Bert
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Tunnel Lyon Turin
Jean-PIerre Clatot / AFP
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Tunnel Lyon Turin
Jean-PIerre Clatot / AFP
Le dernier rebondissement est intervenu le 21 février au Parlement italien. La Chambre des députés a voté une motion demandant au gouvernement de réétudier la totalité du projet Lyon-Turin, dans des termes suffisamment vagues pour que le M5S comme la Ligue y trouvent leur compte.Comme lors de chaque rebondissement dans ce dossier, les soutiens et les opposants au projet ont aussitôt brandi leurs arguments, soit pour accuser l'étude de parti pris, soit pour se féliciter des conclusions du rapport. Les partisans du Lyon-Turin soutiennent que la ligne ferroviaire, fret et passagers, aspirera le trafic routier qui sature les tunnels du Fréjus et du Mont-Blanc, soustrayant au moins un million de poids lourds contribuant fortement à la pollution des vallées alpines, où les alertes à la pollution aux particules sont devenues aussi récurrentes que dans les grandes métropoles comme Paris et Lyon.
De leur côté, les détracteurs de la liaison mettent en avant que le trafic routier entre la France et l'Italie n'a pas augmenté autant que les premières études, datant des années 1990, l'envisageaient. Ils pointent aussi le prix démesuré d'un tel chantier qui n'atteindrait pas ses objectifs de fréquentation, alors que la rénovation de la ligne ferroviaire existante suffirait à absorber les échanges commerciaux transportés par la route. Quant au coût, l'écart d'appréciation est considérable : ses partisans le chiffrent à 18 milliards d'euros contre 26 milliards d'euros selon ses adversaires, avec une participation de l'Union européenne susceptible de s'élever à 40 % voire 50 % de la note.
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De ce côté-ci de la frontière, le gouvernement français s'agace du débat italien. La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a demandé publiquement au gouvernement italien de trancher sur la poursuite du projet. « La France respecte clairement le temps qu'ont souhaité prendre nos partenaires italiens, expliquait-elle-sur la chaîne Public Sénat. Mais aujourd'hui, on dit clairement aussi aux Italiens qu'il faut que cette décision vienne. » La ministre disait s'inquiéter que les atermoiements italiens conduisent l'UE à réduire sa participation financière. En effet, quelques jours plus tard, la Commission européenne faisait savoir lors du conseil d'administration de Telt (Tunnel Euralpin Lyon-Turin), le promoteur chargé par la France et l'Italie de la réalisation de la section transfrontalière de la ligne ferroviaire, que 300 millions d'euros pourraient effectivement être coupés, sur les 813 millions d'euros promis par la Commission européenne sur la tranche de subventions portant jusqu'en 2020. À défaut d'une imminente publication des avis de marchés, ce montant sera retenu de la contribution européenne, pointe la Commission. Mais rien ne dit que cette injonction suffira pour que le gouvernement italien débloque les appels d'offres.
Didier Bert
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