Sintertech : une offre partielle en passe d'être déposée ?
Marie Lyan

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Vendredi 15 novembre dernier, l'espoir était encore de mise. Mais un peu plus d'une semaine après une rencontre planifiée à Bercy avec des représentants de l'Etat, les salariés de Sintertech ne sont pas des plus optimistes.
Bien que reçus par des délégués issus du Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), la rencontre n'a pas eu l'effet escompté pour les représentants des salariés. "Nous sommes allés porter le projet et le message qu'un industriel qui possède un savoir-faire comme celui de Sintertech doit vivre. Nous voulions mettre à profit le délai qui nous avait été accordé par le Tribunal de commerce de Grenoble", indique Jean-Bernard Etchemendy.
Mais malgré la mobilisation d'un consortium de clients ayant œuvré pour assurer la poursuite des activités de l'entreprise durant un trimestre supplémentaire, l'avenir de Sintertech semble à nouveau au point mort. Ou presque.
Car s'il n'existe aujourd'hui aucune offre globale pour l'avenir du groupe, le site d'Oloron, situé dans les Pyrénées-Atlantiques, aurait ouvert des discussions avec un industriel grenoblois.
L'information n'a cependant été confirmée ni commentée encore ni par l'actuelle direction, ni par le repreneur potentiel.
Cette offre, qui demeure encore en partie confidentielle, émanerait du fondateur de la société de métallurgie iséroise, ECM Technologies, qui s'était par ailleurs déjà engagé à reprendre une activité indépendante de Sintertech, issue de la métallurgie des poudres. Lors de l'annonce de la liquidation de l'entreprise au 15 octobre dernier, cet acteur aurait en effet confirmé sa volonté de reprendre 19 salariés du site de Pont-de-Claix, et serait désormais en passe de présenter une nouvelle offre. Celle-ci consisterait à reprendre une partie des effectifs du site d'Oloron également, dont la proportion reste cependant à préciser.
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D'après nos informations, cette solution serait supportée par des constructeurs comme Renault, qui pourraient s'engager à laisser en contrepartie une partie de leurs commandes au site d'Oloron, en vue de lui assurer un certain volume de production. Une nouvelle qui pourrait également entraîner d'autres clients à le rejoindre sur ce point.
Pour autant, ce scénario, qui doit encore passer par une audience au Tribunal de commerce de Grenoble ce jeudi, ne résonne que comme une solution en demie-teinte pour les représentants syndicaux, qui rappellent qu'aucune solution n'a été trouvée pour la majorité des 210 salariés du groupe, répartis sur trois sites.
Selon lui, l'annonce de la liquidation aurait même contribué à "faire fuir davantage" une partie des principaux clients de Sintertech, effrayés par la perspective de possibles pénuries en matière d'approvisionnement. "Dans une industrie comme la nôtre, il faut environ 3 à 4 mois aux constructeurs pour trouver et qualifier de nouvelles pièces en vue de se ressourcer ailleurs", résume le délégué syndical.
Du côté des collectivités également, les marques de soutien resteraient encore parcellaires.
Contactée, une source de l'exécutif régional nous a confirmé en effet avoir été approchée concernant ce dossier, mais sans avoir d'annonce à communiquer à ce stade.
Du côté de la métropole grenobloise, le président Christophe Ferrari - également maire de la commune de Pont-de-Claix sur laquelle se trouve l'un des trois sites concernés -, atteste : "Nous avions évidemment suivi le dossier, car il s'agit d'un sujet lourd avec près de 210 emplois sur la métropole".
Selon lui, la collectivité avait été approchée dès la cessation de paiements de l'entreprise et sa mise en redressement judiciaire, prononcée au 1er avril dernier.
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Alors que la cessation de l'activité de Sintertech reste fixée au 31 décembre 2019, peut-on encore s'attendre à une nouvelle prolongation du délai accordé par le tribunal de Grenoble ? Rien n'est certain, d'après les principaux acteurs de ce dossier.
Pour le président de la métropole grenobloise, l'espoir resterait cependant de mise :
Suffisamment pour susciter une action de la part des grands acteurs de cet écosystème ?
Il rappelle que la perspective de la disparition du seul producteur français de certaines pièces mécaniques pourrait devenir une question stratégique pour ces grands donneurs d'ordres.
Marie Lyan
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