LA TRIBUNE AUVERGNE-RHONE-ALPES - Alors que l'on parlait encore récemment d'une baisse du nombre de procédures engagées à la fin octobre, en comparaison de l'année précédente, quelle est situation observée pour les entreprises depuis novembre, avec le retour du confinement ?
THIERRY GARDON - « Ce qui est très particulier dans cette période, c'est qu'on peut avoir un ressenti un jour, et une tendance qui se dément le lendemain. Depuis 15 jours, je voyais augmenter le nombre de procédures judiciaires, avec une amorce de reprise sur les déclarations de cessation de paiement notamment. Mais celle-ci demeure encore très en dessous du niveau de 2019.
Elles vivent encore du cash injecté et du report de charges. Mais on voit que sur le terrain des procédures à l'amiable, des sociétés de taille significative commencent à se rapprocher de nous pour l'ouverture de procédures de mandats ad hoc ou de conciliation. Elles ont généralement déjà bien entamé leur PGE et souhaitent désormais voir comment elles peuvent renégocier leurs créances et leur niveau d'endettement global. On pense malheureusement que les petites entreprises vont probablement les rejoindre dans les semaines qui viennent... »
Quels sont les facteurs d'inquiétudes sur ces entreprises de petite et moyenne taille ?
« Pour ces entreprises, il existe une prise de conscience que bénéficier des aides fait mécaniquement augmenter leur niveau d'endettement, et qu'il ne s'agira donc pas de la solution à leurs difficultés. Certaines expliquent notamment que même si elles reprenaient un PGE, elles n'arriveraient pas à le rembourser. La plupart ont compris qu'il leur fallait donc trouver d'autres solutions et renégocier leur dette. Je faisais encore le point avec un administrateur judiciaire la semaine dernière qui voyait également arriver, sur ce sujet, une société de plus de 1.000 salariés.