Groupe Centre France : la diffusion des journaux post-élections sauvée in extremis
Sonia Reyne
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Les lecteurs de journaux du groupe Centre France ont bien failli ne pas retrouver leur édition papier pour le deuxième lundi de suite, au lendemain des élections régionales et départementales. Une manière pour syndicats de peser sur un combat entamé...
Paraîtra ou ne paraîtra pas ? Ce lundi, une large portion des auvergnats et de leurs élus ont bien failli ne pas retrouver leur journal en kiosques. Car une autre inconnue promettait d'alimenter la soirée électorale : à l'appel de la CGT et du SNJ, les salariés du groupe Centre France s'étaient mis en grève dès le premier week-end des élections. Objectif : demander à leur direction des engagements sur le projet de révision des accords sociaux au sein du groupe.
Les huit titres, dix neuf éditions du groupe Centre France sont finalement parus en kiosque ce lundi matin pour dévoiler les résultats du second tour des élections régionales. Mais il s'en est fallu de peu.
La Montagne, le Populaire du Centre, La République du Centre, le Berry républicain, l'Yonne républicaine, l'Echo républicain, le journal du centre et l'Eveil de la Haute-Loire... La liste aurait pu en effet être longue.
Car mercredi dernier, la CGT, soutenue par le SNJ et le SNJ-CGT, appelait tous les salariés du groupe à faire grève le dimanche 27 juin. Et déjà, le week-end précédant, les imprimeries de Clermont-Ferrand et d'Auxerre avaient déjà mis à l'arrêt leurs rotatives, stoppant ainsi l'impression et la diffusion papier des quelques 300.000 exemplaires imprimés par le groupe (selon les chiffres communiqués par l'OJD en 2020) les lundis 21 et mardis 22 juin dernier, lors du premier tour des élections régionales et départementales.
Le risque de deux lendemains d'élections sans journaux
Le mouvement avait démarré des sites d'impression de Clermont-Ferrand (63) et d'Auxerre (89), pour gagner peu à peu l'ensemble des entités du groupe de presse. En cause : la révision des accords sociaux que souhaitait entreprendre la direction de l'entreprise, dans une volonté d'harmoniser notamment les statuts à l'échelle du groupe.
Une ambition qui ferait suite, selon un communiqué publié par la direction, à "unenouvelle phase de son plan de transformation annoncé en comité de groupe en septembre dernier", et qui incluerait notamment une dénonciation unilatérale des accords d'entreprise, concernant les sujets des salaires, primes et RTT.
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Cette décision inquiétait d'autant plus qu'elle fait suite à un récent plan de Rupture Conventionnelle Collective (RCC) qui s'est matérialisé par le départ d'une quarantaine de personnes à l'échelle du groupe, comme l'évoque France Bleu Limoges.
Les syndicats avaient alors demandé un entretien avant le second week-end des élections à la direction de Centre France, afin que celle-ci s'engage par écrit sur la non-dénonciation des accords et usages en vigueur, concernant les rémunérations ainsi que le temps de travail des salariés du groupe.