DECRYPTAGE. C'est "le" dossier à 50 millions qui agite la scène lyonnaise depuis quelques jours. Et qui se glisse plus largement jusqu'au Ministère de L'Intérieur. Car récemment, Gérald Darmanin est monté au créneau pour enjoindre Ville et Métropole de Lyon à participer au projet d'extension du siège mondial d'Interpol, sous peine que cet organisme ne quitte Lyon pour les Emirats Arabes Unis... Mais le dossier, qui rassemble désormais 750 agents, n'est pas si simple aux yeux des exécutifs écologistes.Il s'agit de l'une des traditions lyonnaises, dont l'ancien exécutif de Gérard Collomb avait déjà eu l'occasion de se féliciter : car en plus de la police scientifique basée à Écully (depuis 111 ans), mais aussi l'École nationale des commissaires à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (depuis plus de 70 ans), la ville de Lyon avait accueilli dès 1989 le siège mondial d'Interpol. L'entité en charge de la coopération des polices à l'échelle mondiale avait en effet choisi finalement Lyon, au sein d'une compétition à l'époque déjà internationale, pour accueillir son QG.
Depuis sa création à Vienne en 1923, la France était plutôt en bonne position à ce sujet puisqu'elle avait accueilli le siège de cette organisation mondiale d'abord à Paris, puis à Saint-Cloud, avant que Lyon ne lui vole la vedette.
Mais d'ici quelques semaines, la présence de cette institution policière, qui regroupe 194 états membres au sein de sa commission permanente, pourrait bien être remis en question. C'est d'ailleurs le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui s'en est inquiété le premier, dans un courrier adressé le 26 octobre dernier aux collectivités locales.
Car après avoir conservé, dans ses cartons depuis 2015, un projet d'agrandissement destiné à accueillir ses 730 salariés (contre 250 en 1989), Interpol souhaitait passer à la vitesse supérieure et donner le coup d'envoi de la rénovation et l'extension de son siège.
Car du côté d'Interpol, son bureau de presse confirme que le coût de l'extension des locaux est actuellement estimé à près de 50 millions d'euros. "En 2019, le coût estimé de la rénovation du bâtiment, à payer par Interpol, était de 19 millions d'euros. Sans garantie de financement, aucun projet de calendrier des travaux à réaliser n'a pu être établi".