Aménagement du Rhône : pourquoi la prolongation de la concession de la CNR est devenue un enjeu national ?

Marie Lyan
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Le Rhône se pose comme le 3e cours d'eau le plus long de France, avec un statut tout particulier, pour la société qui en a la gestion depuis 1934 : la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), elle-même détenue à la fois par le groupe Engie (50%), la Caisse des dépôts (33%), ainsi que par un conglomérat de près de 200 collectivités locales qui traversent son chemin (17%). Elle avait même fait, pour cela, l'objet d'une loi dédiée à l'époque, la Loi Rhône de 1921.
La CNR se préparait donc depuis plusieurs mois, en parallèle au départ de sa présidente du directoire Elisabeth Ayrault pour des "raisons de santé" à l'automne dernier, à une nouvelle étape déterminante, avec l'objectif de prolonger la concession de l'exploitation de ses barrages hydroélectriques sur le Rhône jusqu'en 2041.
Avec en jeu : un décret du Conseil d'Etat, qui lui permettrait de continuer à exploiter durant 18 années supplémentaires.
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Un enjeu important, en premier lieu sur la forme : car il s'agit bien d'un "prolongement" de la concession actuelle qui a été demandé, et non pas celui d'un nouveau contrat. Car depuis la perspective de l'ouverture à la concurrence des installations hydroélectriques, prévue par Bruxelles, la CNR mais également l'Etat français ont fait cause commune : celle de protéger, au regard des missions jugées "hybrides" de l'entreprise, son activité jugée désormais essentielle à la transition énergétique.
Marie Lyan