Une plateforme des HCL veut pérenniser sa production de fumagilline, un traitement plus produit depuis 2019
Anne-Gaëlle Moulun
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Implantée au sein de la pharmacie de l'hôpital Édouard-Herriot à Lyon, la plateforme hospitalo-universitaire de fabrication, de recherche et d'innovation pharmaceutique Fripharm s'occupe habituellement d'effectuer des préparations magistrales, en l'absence de forme ou de dosage adapté d'un médicament. Mais dernièrement, elle a aussi carrément refabriqué un médicament qui n'était plus du tout produit par les industriels, la fumagilline.
Fripharm a été mise à contribution par le Dr Noémie Laverdure, du service d'hépatologie, gastroentérologie et nutrition pédiatriques de l'hôpital Femme-Mère-Enfant de Lyon et par le Dr Meja Rabodonirina, biologiste spécialisée en parasitologie. Les deux médecins étaient confrontées aux troubles du transit à répétition de Raphaël, un jeune patient de 15 ans, greffé du foie le 30 juin 2020. Les analyses ont montré qu'il était contaminé par un champignon de la famille des microsporidies, Enterocytozoon bieneusi. Ce champignon provoque des diarrhées sévères qui peuvent engager le pronostic vital chez des patients immunodéprimés comme Raphaël. Seul traitement possible pour le guérir : la fumagilline, un antiparasitaire utilisé depuis les années 50.
Mais les médecins s'aperçoivent rapidement que la production de ce médicament a cessé en 2019 et que les derniers stocks de fumagilline des Hospices civils de Lyon ont été utilisés en mars 2020. Les pharmaciens de Fripharm sont alors sollicités pour trouver de la matière première afin de refabriquer ce traitement. "Normalement, nous partons d'une matière première et nous déroulons nos protocoles pour fabriquer des médicaments. Là, nous avons dû travailler beaucoup plus en amont, pour trouver de la matière première", raconte le Pr Fabrice Pirot, pharmacien et responsable de Fripharm.
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"Nous avons contacté des fournisseurs indiens, chinois, européens. Nous avons fait le tour du monde pour essayer de trouver un stock de matière active !", complète le Dr Camille Merienne, pharmacien responsable du laboratoire de contrôle de Fripharm. L'équipe finit par apprendre qu'un stock de 300g de matière première destiné à la destruction est disponible en Hongrie. "Nous avons pu identifier un site de production qui détenait ce reliquat. Ils ont accepté de nous livrer la matière première en faisant un recontrôle total. Sans leur aide, nous n'aurions rien pu faire", souligne-t-il.
Anne-Gaëlle Moulun
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