La filière du loisir indoor, en Auvergne Rhône-Alpes comme partout en France, est convalescente. Après deux hivers (période haute d’activité pour ce secteur) frappés par les restrictions sanitaires, elle se remet tout juste des épisodes Covid. Sauf qu’elle voit désormais se présenter à elle un nouveau mur, celui de la crise énergétique. Fragile, elle pourrait y laisser de nouvelles plumes, malgré les aides annoncées par l’Etat. Surtout si la 8e vague Covid, qui pointe déjà ses premières menaces, fait une nouvelle fois reculer la fréquentation.La France compte environ 2.500 entreprises de loisir indoor, pesant 12 à 15.000 emplois. En Auvergne-Rhône-Alpes, elles sont environ 250 (bowlings, escape games, kartings indoor, espaces de réalité virtuelle, plaines de jeux pour enfants, trampoline parks etc). Si le secteur était en plein essor avant 2020, la crise sanitaire lui a infligé de lourdes blessures.
A tel point qu'il est aujourd'hui difficile pour de nouveaux exploitants de s'installer et, pour les entreprises existantes, de déployer de nouveaux projets. « Les banques sont actuellement très frileuses pour notre filière, il est complexe d'obtenir des financements pour des investissements », pointe ainsi Patrick Gamot, vice-président du SPACE, syndicat national de la filière.
Un redressement fragile
Après l'intense vague Omicron, à l'hiver dernier, qui avait provoqué de nouveaux ravages dans la fréquentation hivernale des espaces de loisir indoor (pour lesquels justement cette période, portée par les festivités de fin d'année, est habituellement la meilleure de l'année), la filière a dû se remobiliser pour repartir de l'avant. Avec succès pour certains, comme l'escape-game grenoblois Challenge the Room.
« La fréquentation est repartie à la hausse dès février, les mois suivants ont été corrects, les clients avaient envie de sortir et de s'amuser. Les entreprises sont encore à la traine mais nous y travaillons », observe Vincent Bay, son gérant et président du collectif des Loisirs indoor grenoblois.
Beaucoup y ont toutefois laissé des plumes. A Grenoble, par exemple, deux espaces de réalité virtuelle ont fermé leurs portes. C'est le cas d'Avrena notamment. « A la réouverture, les teambuildings n'ont pas vraiment redémarré. Notre business model n'était plus viable », explique François Sforza, son dirigeant, qui se concentre désormais avec sa société Mumocap sur la distribution de son jeu VR aux salles de réalité virtuelle.
Stéphanie Gallo Triouleyre