Surtourisme : l'analyse des données et l'IA au services des communes rurales
Marie Lyan
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L'affichage de deux QR codes sur la route d'accès au parking des Egauds, dans le Vercors, se pose comme une alternative aux quotas ou aux barrages filtrants, pour garantir un meilleur partage de l'espace public.
La commune iséroise de Lans-en-Vercors veut lutter contre la sur-fréquentation touristique et les incivilités au départ de l'un de ses chemins de randonnée, au moyen d'un QR code informant en temps réel ses visiteurs du taux d'occupation de son parking. Le dispositif, basé sur l'IA, séduirait de plus en plus de collectivités.
Pour en finir avec la saturation de son parking et les plaintes des riverains, la commune iséroise de Lans-en-Vercors a tenté la manière forte, avec la distribution de procès verbaux... et teste également un dispositif de sensibilisation.
Depuis début février, les visiteurs qui souhaitent grimper aux circuits de randonnée du plateau panoramique de la Molière ont accès à un nouvel outil : l'affichage de deux QR codes, situés au pied de la petite route d'accès, leur permettant de savoir si le parking des Egauds est saturé ou non.
Car il y a tout juste un an, en février 2024, près de 200 automobilistes avaient stationné de façon anarchique, empêchant les riverains de sortir de chez eux. Un phénomène devenu un irritant dans cette petite commune de 2.800 habitants, dont la fréquentation peut facilement doubler lors des périodes touristiques, été comme hiver.
« Il s'agit d'un parking au départ d'une randonnée très prisée, qui ne peut pas accueillir plus de 30 voitures et qui n'est pas extensible. Or, les automobilistes franchissent les quatre kilomètres de route départementale ont tendance à stationner coûte que coûte, bloquant ainsi les accès des riverains, d'une ferme, des secours et même d'un réservoir d'eau potable », grince Michaël Kraemer, le maire de Lans-en-Vercors.
Lutter contre les incivilités
C'est donc en premier lieu pour « lutter contre les incivilités » et « faire de la pédagogie » que sa commune a opté pour l'installation de caméras munies de capteurs qui, reliées à une antenne 3G, envoient des données qui sont ensuite traitées avec de l'intelligence artificielle. « Nous avons mis en place un second QR code qui renvoie à des idées de randonnées alternatives à proximité, en cas de saturation ».
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Coût de cette mesure : près de 5.000 euros, financés pour moitié par la commune et par le Département de l'Isère. « Il s'agit du deuxième volet d'une expérimentation commencée il y a six mois sur l'espace naturel sensible (ENS) du plateau de Molière-Sornin, qui est l'un des plus grands ENS de l'Isère, et où nous avions l'enjeu de mieux qualifier et quantifier la fréquentation sur un secteur pouvant engendrer des conflits d'usages », ajoute Nathalie Lecrivain, chargée de mission au Parc naturel régional du Vercors.