L’Ain fait partie des principaux départements touchés en Auvergne-Rhône-Alpes par l’avancée de l’épidémie de scolytes, qui s’attaque aux bois déjà fragilisés, notamment par la sécheresse.
Depuis 2018, plusieurs départements d’Auvergne-Rhône-Alpes sont confrontés à la crise des scolytes. Ces parasites, qui s'attaquent aux arbres fragilisés par le changement climatique, perturbent la récolte des épicéas de la première région française en volume de bois sur pied.
Depuis 2018, l'Office national des forêts (ONF) et les acteurs de la forêt sont engagés dans une course contre la montre. Car, depuis l'arrivée des scolytes, ces coléoptères qui se développent particulièrement sous les écorces des arbres résineux, les forêts d'Auvergne-Rhône-Alpes, qui faisaient déjà face aux conséquences du changement climatique (sécheresse, dépérissement de certaines essences) sont désormais touchées de plein fouet.
« Les sécheresses de 2018, 2019, 2020 et 2022, qui sont étroitement liées au changement climatique, ont rendu les arbres plus fragiles aux attaques de parasites, en même temps qu'elles ont favorisé leur dépérissement, notamment par manque d'eau pour certaines espèces », observe Nicolas Karr, directeur territorial de l'ONF Auvergne-Rhône-Alpes, qui estime que près d'un tiers des surfaces forestières régionales est désormais concerné par la vulnérabilité climatique.
Avec, comme principal exemple désormais, la crise phytosanitaire des scolytes, qui a démarré dans le Grand-Est, puis la Bourgogne-Franche-Comté, avant de s'étendre jusqu'en Auvergne-Rhône-Alpes.
«Aujourd'hui, on estime que 45 % de la récolte en forêt est désormais constituée de bois attaqué par les scolytes, alors qu'en temps normal, on parlait de 5 % », ajoute Nicolas Karr.
Même constant du côté de la filière des professionnels du bois, où Marinette Feuillade, déléguée générale de la filière bois (Fibois) Aura, évoque un volume de bois « scolyté » récolté « multiplié par quatre entre 2018 et aujourd'hui ».
Une course contre la montre
Face à cette épidémie, aucun traitement n'existe : le seul moyen consiste à « éclaircir » et couper les arbres infestés, afin d'éviter que cet insecte ne se propage aux arbres voisins. « Côté prévention, nous pouvons aussi doser le capital sur pied pour avoir un volume de bois en forêt compatible avec l'évolution de la ressource en eau et s'assurer d'une diversification des essences, pour que la forêt résiste et s'adapte mieux au changement climatique », illustre Nicolas Karr.
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