La ville intelligente s'invente autour du citoyen
Nicolas Rousseau
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« What is the city but the people ? » - « Qu'est-ce que la ville sinon ses habitants ? » -, lance le tribun Sicinius, dans le Coriolan de William Shakespeare. Une interrogation plus qu'actuelle à en croire les données démographiques. Si les tendances récentes se maintiennent, la région Rhône-Alpes comptera 7,5 millions d'habitants en 2040, soit 1,4 million de plus qu'en 2007, selon les statistiques publiées par l'Insee. Les aires urbaines devraient voir leur population augmenter dans des proportions variables : quelque 220 000 habitants supplémentaires dans la Métropole de Lyon, tandis que la métropole grenobloise devrait accueillir environ 42 000 habitants de plus. À l'inverse, la cité stéphanoise devrait voir sa population se stabiliser autour de 390 000 habitants
Avec l'accroissement de leur population, les métropoles urbaines font face à de nouveaux défis et se doivent de répondre aux besoins de leurs habitants. Les infrastructures urbaines - mobilités, énergie, déchets, etc. - ont jusqu'alors été construites pour accompagner la croissance de consommation des usagers. Cette évolution présente aujourd'hui des limites sociales, économiques, territoriales et environnementales. Les villes sont confrontées aux augmentations des consommations énergétiques, des coûts et des émissions des gaz à effet de serre.
Or la ville du futur se doit d'être construite en fonction des préoccupations des habitants dans tous les domaines. Qu'il s'agisse d'une forte demande sociale pour une meilleure santé ou du développement des modes de déplacement doux, d'une place plus large accordée à la nature en ville ou de circuits courts pour l'alimentation, d'une plus grande proximité entre les lieux de travail, de loisirs et d'habitation ou encore d'une moindre vulnérabilité aux aléas économiques grâce notamment à la création d'emplois locaux et durables.
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Le concept de ville intelligente recouvre plusieurs aspirations : une ville plus fluide, plus efficace et donc plus agréable pour sa population. « Du point de vue du citoyen, la notion, demeure encore difficilement intelligible, compréhensible, estime Karine Dognin-Sauze, vice-présidente de la Métropole de Lyon chargée de l'innovation, de la métropole intelligente et du développement numérique. En revanche, cela ne remet pas en cause sa réalité. La ville intelligente s'est d'ores et déjà saisi des nouvelles technologies pour changer les expériences de vie en ville, là où des problèmes se posent, qu'ils relèvent de la mobilité ou de l'efficacité énergétique, par exemple. »
Nicolas Rousseau
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