La Métropole de Lyon a-t-elle favorisé le constructeur Vinci dans certains travaux de transformation de la Part-Dieu ? La chambre régionale des comptes, dans son rapport d'observations publié le lundi 25 septembre 2023, met en doute la « transparence » de la collectivité alors présidée par Gérard Collomb dans certaines opérations, parmi lesquelles figure le projet To-Lyon, cette nouvelle tour noire de 171 mètres, dont l'inauguration est annoncée à la fin de l'année 2023. Inscrite dans la « restructuration du pôle d'échanges multimodal (PEM) » du deuxième quartier d'affaires français, opérée par la société publique locale Lyon Part-Dieu créée en 2014, l'ouvrage est complété par la rénovation de la place Béraudier, devant la gare, et la construction d'un parking sous-terrain de 500 places, le tout, pour une opération globale à 283,4 millions d'euros pour le constructeur.
Dans leur rapport, qui plonge dans les exercices comptables de 2014 à 2021, les magistrats pointent notamment le renoncement de la métropole à la maîtrise foncière nécessaire, « pour des raisons de coût et de délai », malgré la déclaration d'utilité publique des opérations. Si celle-ci ne s'avère pas obligatoire, elle a eu pour effet, selon les rédacteurs du rapport, de participer à une situation de co-production avec des partenaires privés, que la chambre définit comme la « méthode Part-Dieu » qui « désigne un urbanisme négocié lorsque l'aménageur ne dispose ni du foncier, ni de l'argent. L'aménageur prend alors le parti de coproduire avec les acteurs privés, dans une logique contractuelle ». Décision qui intervient alors que « le coût de l'expropriation envisagée était tout à fait supportable financièrement par la Métropole de Lyon », selon les magistrats.